ÉlevageProductions Agricoles

Alimentation des laitières : “Mettre les pieds dans l’herbe”

Le Cedapa et le Syndicat mixte du Trégor organisent une journée ferme ouverte chez un producteur de lait qui privilégie une alimentation à base d’herbe.
Pascal Le Jeune apprécie le caractère de ses normandes, et la simplicité de son système de production.
Pascal Le Jeune apprécie le caractère de ses normandes, et la simplicité de son système de production.

Pascal Le Jeune est installé à Lanmeur depuis 1994, suite à la reprise de l’exploitation de ses parents. Situé à Lanmeur, il continue la production de lait, avec des légumes de plein champ. « J’étais épuisé. Un automne, j’ai pris la décision de changer mon système de production car je n’arrivais plus à jongler entre la production légumière et le lait », se souvient-il. La décision est prise : les 37 ha de SAU passeront en bio pour alimenter les 37 normandes de l’exploitation. Un choix qu’il ne regrette pas aujourd’hui, car, éleveur avant tout, il se « plaît dans ce nouveau système ».

Herbe et betterave au menu

La sole de l’exploitation est simple : 2 ha de betteraves pour 35 ha d’herbe. « La gestion de l’herbe se fait toute l’année. Les vaches pâturent 10 mois, grâce à 25 ha accessibles autour de la ferme », témoigne-t-il. Les 2 ilots restant de 10 ha sont exploités en fauche, à raison de 4 coupes par an, pour un tonnage récolté au total de 11 t de matières sèches. « J’exploite ces parcelles quand la valeur alimentaire est optimale, avec une première coupe précoce. Ces parcelles sont composées d’un mélange de luzerne, trèfle violet, fétuque, RGI et RGA ».

Les pâtures, composés de RGA et de trèfle blanc, rendent 7,7 t de matières sèches par an. « Nous avons un climat propice à la pousse de l’herbe. Implanter un maïs bio coûte à l’éleveur 1 000 € par ha, tous les ans. Un mélange de trèfle et d’herbe seulement 200 €, et pour 5 ans… ». Les travaux des champs sont confiés à une entreprise extérieure, comme pour l’enrubannage, la presse des fourrages ou encore l’épandage de fumier.

Des vaches en forme

Depuis sa conversion en agriculture biologique, l’éleveur ne fait quasiment plus appel aux services d’un vétérinaire. « J’avais des problèmes de mammites auparavant. Je n’en ai plus, les vaches sont moins sollicitées, et l’introduction de la betterave dans l’alimentation doit y être pour quelque chose ». Les 37 normandes produisent 168 000 litres de lait par an, soit une moyenne de 4 500 L par animal, pour un TB de 45 g/kg et un TP de 36 g/kg. Cette vitalité des animaux se prépare dès le début de carrière.

« Je privilégie les vêlages d’automne pour les primipares, afin de les garder en état avec une alimentation à base de betteraves. Les vaches adultes vêlent de février à avril ». Depuis sa conversion, Pascal Le Jeune avoue avoir « appris plus qu’en 20 ans de production conventionnelle. C’est pourquoi cette journée est ouverte à tous ». L’occasion pour chaque visiteur de faire le plein d’astuces, comme la gestion des adventices dans les pâtures. « J’arrive à éradiquer les chardons par une fauche en temps pluvieux et avant leur floraison. Pour les rumex, les vaches les broutent avant qu’ils montent en graine », explique l’éleveur.

Enfin, l’épandage de sel freine les attaques des ravageurs du sol, ou encore « l’introduction de chicorée dans le ray-grass, que je souhaite expérimenter. L’appétence sera au rendez-vous, les minéraux seront distribués en plus petite quantité », note Pascal Le Jeune, pour qui la production de maïs est de l’histoire ancienne.

Date et lieu

La journée, ouverte à tous, se tiendra le mardi 28 juin, à partir de 14 h, au lieu-dit An Aragon. Fléchage à partir du bourg de Lanmeur. Contact : Aurélie Cheveau et Jérôme Loinard, du Cedapa, au 02 96 74 75 50.

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer