Energies et environnementIlle-et-Vilaine

Des arbres au service des cultures

Les cultures en agroforesterie bénéficient de la présence des arbres qui améliorent notamment le bilan hydrique et la fertilité des sols. La production de bois est un autre intérêt.

Très présent en Bretagne, le bocage constitue déjà une sorte d’agroforesterie. « Cette dernière rassemble toutes les formes de plantations d’arbres en milieu agricole (haies, arbres isolés ou alignés, pré-vergers…) », a expliqué Isabelle Sénégas, de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, lors d’un après-midi organisé sur le sujet le 21 avril, par l’Issat (organisme de formation) et le Conseil de développement du Pays de Redon – Bretagne sud. La rencontre s’est poursuivie par la visite d’une parcelle agroforestière mise en place dans un élevage de Loire-Atlantique, avec l’appui de Jean-Charles Vicet, de la Chambre d’agriculture 44.

Moins d’évaporation

« En France, 140 000 ha agroforestiers et 120 000 ha de haies sont implantés. Depuis trente ans, des expérimentations d’alignements intra-parcellaires ont permis de remettre en lumière la place de l’arbre dans le système de production », précise Isabelle Sénégas.

Car associer arbres et productions agricoles comporte des intérêts. Les arbres ont un effet ombrage et brise-vent et réduisent l’évapotranspiration. Avec un enracinement profond, ils augmentent la porosité du sol, l’enrichissent en matière organique, font remonter des éléments nutritifs pour les cultures. La nuit, quand l’arbre ne transpire pas, il y a aussi une remontée d’eau. « Placés en travers de la pente, les arbres limitent par ailleurs le ruissellement et l’érosion. »

Davantage de biomasse à l’hectare

Au bout d’une vingtaine d’années, voire plus, les rendements des cultures peuvent commencer à se réduire, mais on compense par la production de bois. « Globalement, la meilleure exploitation des éléments naturels (eau, lumière, minéraux) permet d’accroître la production de biomasse sur la parcelle. » Pour pouvoir mieux valoriser ce type de systèmes, des variétés d’ombre vont commencer à être sélectionnées.

« Les agriculteurs ont recours à l’agroforesterie intra-parcellaire pour préserver le milieu et la biodiversité, dans l’objectif d’utiliser moins d’intrants ou pour se préparer au changement climatique… Certains souhaitent valoriser des parcelles avec la production de bois. Dans les parcours extérieurs, les volailles sortent plus facilement avec la présence d’arbres. »

25 à 55 arbres/ha

Compatible avec tous les systèmes de production actuels (grandes cultures, maraîchage, élevages…) et adaptée à la mécanisation, l’agroforesterie intra-parcellaire correspond à un alignement d’arbres avec de larges espacements dans le champ. « Les densités sont faibles : de 25 à 55 arbres/ha selon les sols et espèces. Il faut bien préparer son projet en fonction de ses objectifs, choisir des sols pas trop superficiels pour un enracinement profond des arbres et réduire la concurrence avec les cultures. Les sols drainés seront également déconseillés du fait du risque de destruction des drains. »

L’implantation doit se faire en complémentarité avec les haies, et si possible dans un axe nord-sud pour répartir l’ombre. « La préparation du sol avec un sous-solage, le piquetage, le paillage et la protection des plants sont essentiels. L’entretien commence dès le plus jeune âge des arbres, pendant 10 – 15 ans. La taille permet notamment de réduire la compétition. On peut imaginer des troncs de 6 m de haut sans branche pour faire du bois d’œuvre. » Il faudra compter environ un jour par ha à 2 personnes pour la mise en place et 500 €/ha en moyenne de fournitures de plants, paillages et protections.

Maintien des DPB

Les parcelles agroforestières sont admissibles au paiement de base si elles comptent moins de 100 arbres d’essences forestières non fruitières par ha. La SIE « hectares en agroforesterie » est valable pour les parcelles admissibles aux paiements directs, et dont la plantation a bénéficié de l’aide à la mise en place de systèmes agroforestiers.

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