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Génotyper pour mieux trier mâles et femelles en viande bovine

Depuis cet automne, les éleveurs charolais ont la possibilité d’investir dans du génotypage en mâles et femelles. Sélectionneur à Arzal (56), Denis Michelot a fait ce choix.

Depuis 2013, des animaux de l’exploitation de Denis Michelot sont prélevés dans le cadre du programme GemBal auquel participe Charolais Univers. Ce programme a pour objectif la recherche et la mise en œuvre de la génomie en races allaitantes. Cet élevage affilié au noyau de sélection depuis une quinzaine d’années a donc participé à la mise en place de la population de référence, base de l’évaluation génomique.

Éviter les erreurs

Le 25 février dernier, l’éleveur a franchi une autre étape, faisant prélever 16 animaux, dont 10 à sa charge (5 mâles et 5 femelles), le reste (4 mâles et 2 femelles) étant financé par Charolais Univers comme les fois précédentes. « J’ai choisi les animaux à génotyper pour leur morphologie, leur ascendance et leur docilité, mon premier critère. Le génotypage est un outil de sélection supplémentaire qui permet d’éviter les erreurs », explique Denis Michelot. L’éleveur peut trier et accoupler au mieux les femelles. Et en mâles, cela permet de garder un taureau sans avoir de mauvaises surprises sur sa descendance, ou de vendre des reproducteurs avec plus de garanties pour l’acheteur…

Amélie Colliot, inséminatrice Évolution, effectue les prélèvements de cartilage sur les oreilles avec une pince emporte-pièce.
Amélie Colliot, inséminatrice Évolution, effectue les prélèvements de cartilage sur les oreilles avec une pince emporte-pièce.

Pour l’analyse ADN, Amélie Colliot, inséminatrice Evolution, effectue les prélèvements sur les oreilles avec une pince emporte-pièce. Les morceaux de cartilage sont placés dans de petits tubes en plastique, eux-mêmes enfermés dans des sachets identifiés.

Après le prélèvement

Les morceaux de cartilage sont envoyés à Labogena. C’est la plate-forme génomique Evolution basée à Blain (44) qui gère les demandes et la restitution des résultats à l’éleveur, par courrier ou mail. Ce dernier peut ensuite accéder librement à ses résultats, régulièrement mis à jour sur le SI (Système d’Information Evolution), via un accès internet.

Une grande majorité de veaux issus d’IA

L’EARL Michelot Denis s’appuie sur un troupeau de 60 vaches allaitantes et une SAU de 100 ha, avec 45 ha de céréales et 55 ha d’herbe. Les IA commencent vers le 5 – 10 décembre, à partir de 35 jours après le vêlage. Généralement, toutes les femelles sont inséminées, d’une à quatre fois selon le profil, puis sont mises avec le taureau en activité pendant 2 à 3 mois. Sur la dernière campagne, 92 % des veaux nés sont issus d’IA (sur les 55 mis à l’herbe).

« Des échographies sont réalisées sur trois périodes : en février, mars et juin. Cette troisième période permet de détecter les femelles vides et de dater les vêlages. » Les naissances sont concentrées de septembre à fin novembre (70 %) et se terminent début janvier.

Mais l’arrivée de la génomique a changé la façon de faire de l’éleveur. « Cette année, j’ai mis deux vaches et huit génisses avec Jackson, un jeune taureau qui a montré un très bon potentiel au test génomique. » Ce fils du taureau d’IA Disco affiche un IVmat de 121, un Isevr de 119, 123 en développement squelettique et 109 en facilité de naissance. « Il est issu d’une souche bien développée sur l’élevage. » Acheté par un éleveur de Dijon, le jeune mâle va ainsi laisser son empreinte sur le troupeau avant de partir en avril prochain. « Cela me permet aussi de limiter mon budget génétique, sachant que j’avais acheté 4 embryons. »

Trois taureaux Avenir

Chaque année, l’éleveur commercialise environ 7 mâles en reproducteurs. Six mâles nés sur l’élevage ont également été admis en station de contrôle individuel du schéma de sélection. Trois d’entre eux ont été proposés en taureaux Avenir (pour le testage en ferme). Plus de 20 % de taureaux Avenir ont été utilisés par Denis Michelot sur la dernière campagne. L’Ivmat moyen sur ascendance maternelle est de 104,9 (contre 98,5 en moyenne de race) et l’Isevr de 104 (98,2).

Quelles informations selon les races ?

Aujourd’hui, le génotypage est possible en race charolaise avec des informations sur les facilités de naissance, l’aptitude au vêlage, à l’allaitement, sur la croissance, le développement musculaire et squelettique. Cette offre est pour le moment réservée aux mâles inscriptibles (adhérents au Herd-Book et au contrôle de performances) et aux femelles au minimum en VA4. Le prix est plus faible pour les éleveurs qui font génotyper des mâles et des femelles : à partir de 95 € pour un mâle et 56 € pour une femelle. Dans les autres grandes races, les éleveurs peuvent vérifier la compatibilité génétique et la présence de gènes d’intérêt : culard, sans cornes, anomalies génétiques, à partir de 45 €/analyse.

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