Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

FDSEA : « On n’a jamais connu un été syndical si mouvementé »

Les responsables de la FDSEA reviennent sur la situation critique des filières d’élevages et préparent la grande manifestation à Paris le 3 septembre prochain.

Toutes les FDSEA de France ont mené au moins une action syndicale ces derniers mois. « De mémoire de syndicaliste, on n’a jamais connu un été si mouvementé », note Yves Bazy, responsable de la section laitière à la FDSEA. « C’est un véritable marqueur de la détresse de la profession. C’est triste à dire, mais cette période restera une page importante de notre histoire. »

Un plan pour dégager du revenu à long terme

À ses côtés, le président Didier Lucas a décidé d’avancer cette conférence de presse de rentrée face au contexte de crise généralisée de l’élevage. « En porc, on réclame 1,4 € / kg, c’est à peine notre prix de revient. Or, sur 2015, on a touché pour l’instant 1,24 € », martèle-t-il. Pour le syndicaliste, il faut aujourd’hui « impérativement du prix et derrière un plan pour nous permettre de dégager du revenu à long terme. On sait que certains industriels ont les moyens de répondre. C’est nécessaire car les éleveurs ne peuvent plus encaisser. Et surtout, l’État doit compenser par des aides à la modernisation et à l’investissements, par des réductions importantes de charges… »

Les marchés laitiers se sont également fortement dégradés depuis fin 2014. « Le prix du lait sur 2015 se situe entre 305 et 310 € / 1 000 L quand notre prix d’équilibre atteint 330 à 335 € », rappelle Yves Bazy. Résultat : « Les trésoreries se dégradent. » Quand Stéphane Le Foll a fixé le prix du lait à 340 € / 1 000 L, « nous avions des doutes… » Pour ce mois d’août, les coops semblent se positionner à 320 €. « Hier, Lactalis, premier collecteur français annonçait 318 €… Ce qui est sûr c’est que nous irons réclamer mordicus les 340 € car nous en avons besoin : à la différence du porc, nous pensons que la plupart des industriels ont la capacité de nous les donner. » En viande bovine, « les prix n’ont pas atteint les recommandations du ministre du début d’été et les ateliers sont en souffrance », rebondit Didier Lucas.

« 1 000 tracteurs à Paris pour faire comprendre à l’Etat notre détresse »

L’heure est à la préparation de la grande manifestation du 3 septembre à Paris. « Un minimum de 35 tracteurs du département partiront pour la capitale pour se joindre aux 1 000 attendus par la FNSEA. Des cars sont aussi organisés pour les autres manifestants. » Au menu, blocage du périphérique, rassemblement à Nation… « C’est vraiment une action très symbolique pour faire comprendre à l’Etat français que la base en a marre des discours, de la parlote… Et si ce jour-là, nous n’avons pas de réponses satisfaisantes, je crains beaucoup pour la ville de Paris car cette action, nous ne la ferons pas deux fois. Peut-être même resterons-nous sur place… », avertit Didier Lucas

« Que l’UE fasse du dégagement de marché »

On entend moins parler de la volaille. « Pourtant la filière souffre également », note Pierre-Yves Lozahic de la section avicole. « Nous ne sommes pas liés directement au marché car les prix sont imposés par l’industriel intégrateur. » Mais les prix n’ayant pas été revalorisés face à des charges qui augmentent, « les investissements dans la filière sont au point mort et des gens arrêtent sans repreneur. Ceux qui restent essaient de remplir plus rapidement leurs poulaillers pour maintenir le revenu. Mais cette politique à risques a ses limites : sur le terrain, on voit apparaître des problèmes sanitaires. »

Les syndicalistes ne supportent plus de « payer les décisions politiques telles que l’embargo russe. Il est temps que l’Union européenne fasse du dégagement de marché. Au niveau national, on attend une réduction des normes qui continuent de s’empiler, des réglementations différentes et plus strictes par rapport à celles des agriculteurs d’Etats membres voisins. À quand une réforme des politiques fiscale et sociale pour nous redonner de l’oxygène ? » Toma Dagorn

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