Découvertes

Ses histoires sont sculptées dans le bois

Paul Corbineau s’appuie sur ses sculptures pour raconter l’arbre et le bois. Il a créé de magnifiques outils pédagogiques qui rendent ses histoires et son message plus lisibles et poétiques.

D’où vient l’expression toucher du bois ? « Autrefois, nos ancêtres avaient une connaissance très intime des arbres. Ils pensaient que ces derniers, situés entre le ciel et la terre, étaient habités par l’esprit des dieux. C’est pourquoi ils les touchaient pour conjurer le mauvais sort », raconte Paul Corbineau aux enfants qui tendent une oreille attentive. Lui aussi aime les arbres. Depuis une vingtaine d’années, il sculpte le bois. Et ses œuvres deviennent de magnifiques outils pédagogiques pour transmettre ses connaissances sur les arbres.

Quand la photosynthèse devient un jeu
Quand la photosynthèse devient un jeu.

Découvertes ludiques

Ce jour-là, lors d’un atelier découverte proposé par l’Écomusée du Pays de Rennes, il raconte aussi la photosynthèse. Une sculpture montre les flux de l’eau, de l’azote, des sels minéraux vers les feuilles où est synthétisée la matière organique, en utilisant le dioxyde de carbone et la lumière du soleil. Et sur une maquette en bois, qui ressemble à un jeu avec ses balles représentant les atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, le photon capté par la chlorophylle, la photosynthèse se fait. Mises en mouvement, les balles finissent par former des glucides et l’oxygène est libéré. La réaction complexe devient concrète. Plus facile de comprendre en 3 D et avec les commentaires passionnés de Paul Corbineau.

Changement climatique

Le message principal de cet amoureux des arbres est de respecter les végétaux. « Nous ne pouvons survivre qu’en harmonie avec ceux qui nous fournissent notre indispensable oxygène », rappelle-t-il aux enfants. Sur un autre arbre sculpté, le conteur évoque les conséquences du changement climatique. « C’est une histoire vraie qui se passe dans une futaie de chênes aux Pays-Bas. On a voulu savoir pourquoi les mésanges charbonnières disparaissaient. À peine 1°C en plus chamboule la vie de l’arbre. Ses bourgeons viennent un peu en avance, mais les chenilles de la phalène brumeuse qui les mangent arrivent quant à elles avec 15 jours d’avance, se repérant à la chaleur uniquement. Elles n’ont donc rien à manger », raconte Paul Corbineau. Et de montrer une chenille en bois raplapla.

Les prédateurs de ces chenilles, les mésanges charbonnières, réglées sur la luminosité, ne changent pas leurs habitudes de ponte. Et se retrouvent, elles aussi, sans casse-croûte. « Les petits meurent… Tout le monde meurt. L’arbre est moins bien pollinisé. Mais l’histoire n’est pas si triste, car d’autres sortes de mésanges reviennent, adaptées à la nouvelle situation. Moralité dans la nature : il faut être au bon endroit au bon moment », s’amuse le conteur. Certaines sculptures sont pédagogiques, d’autres sont plus abstraites, à l’image de ce séquoia qui dissimule le visage d’un chef indien du même nom. Et quand on regarde de plus près, on aperçoit un minuscule humain au pied de l’arbre. Surprenant.

D’autres ateliers pour observer et manipuler

D’autres ateliers sont proposés tout l’été à l’Écomusée du Pays de Rennes, du mardi au vendredi de 15 h à 17 h (pas d’atelier les lundis, samedis et jours fériés), le dimanche de 14 h à 18 h.

  • Jusqu’au 26/07. Un animateur de la Ligue pour la protection des oiseaux invite à venir découvrir comment aménager un petit coin de nature pour attirer chez soi la biodiversité locale.
  • Du 28/07 au 02/08. À partir d’anecdotes, d’objets et de vidéos, les visiteurs pourront découvrir l’environnement de l’âne, son anatomie, son alimentation, les soins à lui apporter mais aussi les mythes et légendes qui le concernent.
  • Du 04 au 09/08. L’atelier « Les céréales dans la mangeoire » permet de partir « à rebours » sur le cycle des cultures et de redécouvrir la géographie des aires de production ainsi que l’histoire de l’agriculture.
  • Du 11 au 16/08. Les visiteurs sont invités à venir toucher les fibres (laine de mouton, alpaga, angora, chanvre, ortie, bambou…) ou à essayer le filage au fuseau.
  • Du 18 au 30/08. Des animaux domestiques vont révéler leurs secrets via des modèles anatomiques, squelettes, toisons… L’exposition « Le cochon. Une histoire bretonne » se poursuit, quant à elle, jusqu’au 30 août à l’Écomusée.

Observer le bois à la loupe

Le sculpteur invite les visiteurs à se saisir d’une loupe pour observer l’anatomie des bois en coupe transversale : la porosité, les rayons, les formes très variées… Une collection de 300 essences est présentée. Des reconstitutions en bois, à très grande échelle, de l’intérieur de deux types d’arbres mettent en lumière les différences. « Toutes les couleurs, sauf le bleu, sont présentes dans le monde des arbres, du blanc du sycomore au noir de l’ébène. »

« J’avais un métier d’électricien. Pendant mon temps libre, j’ai commencé par sculpter des jouets pour les enfants, des jeux comme les échecs, puis des arbres… » Actuellement, le sculpteur travaille davantage sur des forêts de grande dimension, de plus de 3 mètres de longueur. « Je m’inspire de photos, de croquis pour une forêt tropicale par exemple… » Ce qui motive le plus l’artiste ? Créer pour transmettre et toujours aller vers de nouveaux horizons, pour apprendre aussi des autres. Agnès Cussonneau

Pour en savoir plus

  • Paul Corbineau, 27 rue Jean Jaurès, 44800 Saint-Herblain. Tél. 02 40 43 76 80.
  • Le conteur sur bois sera présent au Festival Art et Nature, du 18 au 20 septembre à Paimpont. Pendant trois jours auront lieu des expositions, des conférences, des animations, des projections de films, ayant pour thème la nature.
  • À lire : « Identification des bois. Esthétique et singularités », de Paul Corbineau et Jean-Michel Flandin (Éditions Vial, 130 €). Le lecteur est convié à un voyage au cœur du bois, à la fois technique (le livre veut aider à la connaissance des bois et à la reconnaissance de plus de 400 essences) et surtout poétique grâce à des centaines de magnifiques photographies.
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