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Mieux s’organiser en bovins viande

Beaucoup de variabilité dans le temps d’astreinte quotidienne

La majorité des élevages se situent entre 2 h 30 et 10 h d’astreinte par jour.

Un quart des éleveurs affichent le travail comme une forte préoccupation. C’est un chiffre issu d’une enquête réalisée il y a quelques années dans le cadre du réseau mixte technologique « Travail en élevage ». Aujourd’hui, ce chiffre serait certainement en hausse. L’étude montre que le volume de travail d’astreinte (quotidien) est très variable au sein même des systèmes spécialisés en bovins viande : 10 % des exploitations affichent moins de 1 000 h de travail d’astreinte par an, 10 % en ont plus de 4 000. Des marges de progrès existent donc, la majorité des élevages se situant entre 2 h 30 et 10 h par jour.

« Les éléments de variation du travail d’astreinte sur l’atelier peuvent être liés au type de bâtiment, à la politique de répartition des vêlages (mieux en vêlages groupés). Le rythme de distribution des fourrages a également une incidence directe. On observe par ailleurs un effet taille de troupeau, mais non linéaire », expliquent les responsables de l’étude. Les deux tiers du travail d’astreinte sont consacrés à l’alimentation, au paillage et au raclage.

Des solutions individuelles

Dans la démarche Tradibov, développée par l’Institut de l’élevage, les Chambres d’agriculture et la Fédération des Bovins croissance, des fiches ont été élaborées pour aider les éleveurs à mettre en place des solutions adaptées à leur élevage. Les réponses ne sont effectivement pas les mêmes selon que l’éleveur souhaite se libérer du temps quotidien, des journées, ou qu’il entend augmenter son efficacité, la sécurité ou réduire la pénibilité.

2/3 du travail d’astreinte sont consacrés à l’alimentation, au paillage et au raclage.

S’agissant de l’alimentation, modifier les rythmes de distribution, avec 3-4 repas par semaine, peut permettre de gagner jusqu’à 3 heures hebdomadaires et se libérer du travail d’astreinte le week-end. « Mais la limite essentielle réside dans la conservation des fourrages dans l’auge en été », précisent les conseillers. La ration complète peut être une autre solution, qui sera d’autant mieux rentabilisée que le troupeau est important. En cas de changement de matériel, se poser la question du nombre de distributions est opportun.

Plus d’efficacité avec le groupage des vêlages

Autre piste intéressante, le groupage des vêlages engendre un allotement efficace qui permettra de simplifier l’alimentation, les suivis sanitaires, et de réduire ou mieux prévoir les concurrences avec les autres tâches. « Mais cela demande de la rigueur, et conduit à une pointe de travail durant la période des vêlages, puis de mise en reproduction. » Le box de vêlage ou les équipements de contention amènent, quant à eux, davantage de sécurité, mais ils nécessitent de la place en bâtiment et doivent être bien conçus.
Un chien de troupeau bien dressé permet de gagner du temps et de l’autonomie. Mais la patience et la discipline sont de rigueur, et il faut savoir que le fidèle animal n’obéit en général qu’à un seul maître. Difficile alors de se faire remplacer auprès du troupeau. Limiter les manipulations de fumier, avoir recours à une pailleuse, organiser un remplacement entre éleveurs sont d’autres idées. À chacun de trouver ses solutions en fonction de ses objectifs, mais aussi de son système, de ses contraintes… Pas facile, mais stimulant, non ? Agnès Cussonneau

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