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Festival : Rock’n Toques met la cuisine en musique

Le festival de musique Art Rock propose un rendez-vous culinaire de rue, haut de gamme, emmené par des professionnels reconnus mettant en valeur le terroir local.

Rock’n Toques est une initiative presque unique rassemblant chefs cuisiniers du cru, dont 4 étoilés, filières locales de production et acteurs de la promotion du territoire. Un rendez-vous culinaire et culturel, associant plaisirs de la bouche et éveil des oreilles. Chaque année, pendant le festival de musique Art Rock, le collectif devenu incontournable installe sa vaste cuisine, aussi professionnelle qu’improbable, à Saint-Brieuc (22). Ce « Village » comme on l’appelle, nom qui résume bien sa convivialité et son accessibilité, devient le lieu des estomacs gourmands et exigeants au cœur des festivités. Du midi jusqu’au soir, toutes les générations s’y retrouvent en quête d’expériences créatives et de bouleversement des sens.

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Place de la Résistance à Saint-Brieuc (22), Rock’n Toques installe sa cuisine sous chapiteau où toutes les générations viennent se régaler en écoutant des concerts gratuits.

« Démystifier un peu notre travail de chefs étoilés »

« Il n’est pas normal ce hamburger… », s’étonne Élisa qui dévore, du haut de ses 5 ans, l’un des plats proposés ce jour-là. Assise devant un concert sous le grand barnum d’Art Rock, elle déguste un « Crone Kefta ». Un sandwich plein de saveurs et de surprises concocté par Mina Graibis, chef traiteur de la Marmite Gourmande. Car tout le défi lancé aux cuisiniers est là : offrir un choix riche de plats élaborés dans les moindres détails à des prix abordables pour tous. Nicolas Adam, une étoile au guide Michelin, confirme : « On s’installe au plus près des festivaliers pour leur permettre de se régaler sans qu’ils aient besoin de beaucoup dépenser… » Un tour de passe-passe possible « grâce à nos partenaires, fournisseurs, coops, labels… qui permettent de maîtriser les coûts », n’oublie pas de souligner le patron de la Vieille Tour, à Plérin. Il livre au passage que bon nombre de ses habitués viennent, eux aussi, goûter dans la rue ces plats à 8 € pendant Art Rock et lui en parlent encore des mois plus tard quand ils réservent dans son établissement haut de gamme. « Rock’n Toques est une excellente occasion de démystifier un peu notre travail », poursuit-il. Mais attention, pas question de « galvauder » le talent des restaurateurs qui s’engagent. « Étoile ou pas, je n’ai aucun problème à mettre mon nom sur un sandwich ou un kebab, à condition que ce soit les meilleurs qu’on puisse réaliser. Nous ne lésinons jamais sur la qualité. Par exemple, Sylvain Herviaux, un des Meilleurs ouvriers de France en boulangerie fournit le pain… »

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Pour 4 €, maîtres pâtissiers et artisans glacier et chocolatier se décarcassent pour servir des desserts aussi beaux et raffinés que succulents.

Des produits frais pour un succès grandissant

À l’arrivée, le public est toujours plus nombreux. « 14 000 portions servies en 2014, contre 4 000 en 2008 », témoigne Sophie Robillard, de l’Office de tourisme de la Baie de Saint-Brieuc, qui coordonne l’opération. Pour beaucoup, c’est une étape obligatoire dans leur parcours. Un habitué qui attend sa commande dans la file d’attente lâche élogieux : « Rock’n Toques, c’est le meilleur d’Art Rock. Plat-dessert à 12 €, un travail incroyable de grands noms de la gastronomie pour sortir ces délices au prix d’un menu ouvrier. Ce soir, il y a même de l’araignée au menu… »
Derrière tout ça, ce sont des heures de travail avant et pendant l’événement. « Nous bossons tous très dur pour que ce soit possible. Chez moi, un service complet, c’est 40 couverts. Sur l’espace Rock’n Toques, c’est 800 assiettes par recette… Préparées avec des produits frais, sans congeler. Le coup de feu dure trois jours », détaille Nicolas Adam. Chefs, apprentis, pâtissiers, sommeliers, artisan glacier, cavistes… « Une véritable performance où tout le monde porte le même
T-shirt et met la main à la pâte. C’est génial, on cuisine ensemble alors que les musiciens jouent en face. Pour nous tous, cette aventure décalée est la bouffée d’oxygène de l’année. Nous finissons sur les rotules, mais des souvenirs plein la tête. »

Le Cochon de Bretagne, 8 ans de partenariat gourmand – gagnant

Cochon de Bretagne est engagé dans la démarche depuis le départ. « Dans le monde de la restauration gastronomique, le porc n’est pas forcément mis à la carte », souligne Carole Bastien, directrice du label. « C’est une viande souvent banalisée, pas chère, régulièrement en promo… Qui n’a pas l’image du bœuf par exemple. » Alors, c’était une occasion unique de confier le fruit « du travail des éleveurs en amont à des chefs capables de rendre au porc ses lettres de noblesse. » À chaque édition, les chefs savent élaborer des « plats surprenants, intéressants et qualitatifs aux noms originaux (« Le Porc’ Quoi Pas », « Le Big Pink Pig »…) Tous se retrouvent sous la bannière Rock’n Toques pour défendre le produit auprès du consommateur et donner envie et idées pour le cuisiner ensuite. »

« Le bien manger de manière populaire »

Les acteurs voient aussi leur engagement comme une « action sur le bien manger à moindre coût, de manière très populaire, en s’appuyant sur les richesses de la pêche et de l’agriculture en Côtes d’Armor ». Une perche tendue vers le monde de la production dont certains maillons se sont pris au jeu. Cette année, un chef mettra par exemple en valeur la chair à saucisse du label Le Cochon de Bretagne… Et comme tout est bon dans le cochon, le crêpier Youenn Allano servira une galette « Hénaff’ment bon » à la crème de pâté. La longue liste des œuvres culinaires d’Art Rock 2015 met l’eau à la bouche… Le bouche-à-oreille fera le reste. Rendez-vous donc au Village pour le désormais culte « Rock’n Toques, mix de musique et de street food. » Toma Dagorn

Les chefs valorisent toute la carcasse du veau

Jean-Stéphane Blanchard, directeur des labels veau Bretanin et Bœuf Blonde d’Aquitaine, s’est aussi pris au jeu : « Nos produits sont surtout associés à la boucherie traditionnelle. Rock’n Toques permet de sortir des sentiers battus et d’être en contact avec les cuisiniers. Nous apprécions la relation qu’ils ont avec la matière première. Par exemple, en veau, l’étoilé Mathieu Aumont (Aux Pesked, Saint-Brieuc) n’a pas commandé seulement des morceaux nobles, mais au contraire va valoriser toute une carcasse. »

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