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Techniques d’insémination porcine

Un mélange de semences au service des performances

Utilisant la semence Armada depuis avril 2014, Jérémy Mainguy a vu les résultats de son élevage s’accroître aussi bien en fertilité qu’en porcelets nés vivants par portée.

Installé en mai 2013 à la suite de ses beaux-parents à Caro, Jérémy Mainguy conduit un élevage naisseur engraisseur (total) de 190 truies, avec un salarié. À son installation, une maternité et un bâtiment gestantes neufs ont été créés, et le post-sevrage rénové.

Franck Piederrière, commercial Gènes Diffusion, Nicolas Jaglin, directeur commercial, et Jérémy Mainguy, éleveur à Caro
De gauche à droite : Franck Piederrière, commercial Gènes Diffusion, Nicolas Jaglin, directeur commercial, et Jérémy Mainguy, éleveur à Caro.

En parallèle, l’éleveur a renouvelé l’ensemble du cheptel, souhaitant mettre en place de la génétique Youna et Piétrain Gènes +. L’ensemble des bâtiments a été intégralement nettoyé et désinfecté pour accueillir les 200 cochettes.

Des résultats très positifs

Au printemps dernier, pour améliorer ses performances, le producteur a opté pour Armada, mélange de semences des meilleurs reproducteurs (voir ci-dessus). La fertilité est passée de 84,1 % à 91,7 %, et le nombre de nés vivants par portée, de 12,4 à 13,7. Des progrès spectaculaires. « Aujourd’hui, pour 44 places en maternité, 48 truies sont inséminées. 2,5 IA sont réalisées par truie », informe l’éleveur.

Le troupeau est conduit en 4 bandes, avec un sevrage à 28 jours. Les truies sont sevrées le mercredi matin et reçoivent de la lumière toute la journée. Elles sont lavées le vendredi matin, puis déparasitées. À partir du vendredi soir, deux verrats souffleurs – des Piétrains Gènes + achetés – passent dans le couloir central de la verraterie (truies bloquées), un le matin, l’autre le soir. Côté alimentation, « les truies sont à la diète le mercredi et reçoivent 4 kg d’aliment gestante le jeudi jusqu’au samedi. Le dimanche, elles mangent moins avec la venue en chaleur. » Tout l’élevage est alimenté via une machine à soupe.

+2 % en fertilité et +0,6 nés totaux/portée

Armada est un mélange de semences des meilleurs reproducteurs de chaque organisation de sélection. « Des doses de 3 à 5 verrats de la meilleure génétique sont assemblées, ce qui permet de cumuler les qualités de chacun pour des performances plus sûres et régulières », explique Nicolas Jaglin, directeur commercial Gènes Diffusion. Par ailleurs, cette semence est plus concentrée dans une dose qui reste de 85 ml. « Et chaque éjaculat est systématiquement analysé par PCR pour garantir l’absence de SDRP. Des sérologies sont par ailleurs effectuées tous les 15 jours sur les verrats de nos centres. » Ayant mis en service ce nouveau produit fin 2013, Gènes Diffusion commence à avoir du recul. « Sur plus de 21 000 truies inséminées en Armada, la progression moyenne est de 2 % en fertilité. Et sur 5 400 mises bas, le nombre de nés totaux est supérieur de 0,6 en moyenne. » Certes le coût est supérieur de 8 % à celui de la semence classique. « Mais pour une dépense supplémentaire de 2,5 €/truie/an, le gain possible est de 60 €/truie/an », chiffre Nicolas Jaglin.

Gain de temps avec les sondes d’auto-insémination

Dès le départ, Jérémy Mainguy a fait le choix de la semence Gédis (auto-insémination) commercialisée par Gènes Diffusion, pour ses inséminations du week-end, avec 20 doses commandées. « Cela permet de réduire le temps de travail et on peut inséminer seul. Le reste de la semaine, comme nous sommes deux, nous utilisons des blisters. En moyenne sur l’élevage, 2,5 IA sont pratiquées par truie : la première est faite 12 h après l’immobilisation, la deuxième à 36 h, et si la truie est toujours en chaleur, une 3e IA est réalisée à 60 h », note le producteur qui projette d’augmenter la part de Gédis de ¼ à ¾ des doses utilisées. Et de préciser : « J’insémine 30 truies par heure en Gédis. Avec les blisters, 20 truies sont passées en 1 heure, et souvent avec deux personnes. »

Avant insémination, la vulve des truies est lavée avec une lingette nettoyante et désinfectante. « La sonde Gédis se réchauffe à l’intérieur de la truie jusqu’à la fonte du bouchon de cire. Pompant la semence, la truie s’auto-insémine. En deux à trois minutes, les doses sont vidées. C’est également plus sûr au niveau sanitaire », précise Franck Piederrière, commercial Gènes Diffusion. Aujourd’hui, le Gédis, produit 100 % français, représente près de 70 % des ventes de Gènes Diffusion. Agnès Cussonneau

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