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Chambre d’agriculture : la profession attend un signal fort

C’est connu : le monde agricole finistérien a à cœur d’entreprendre. La Chambre d’agriculture refuse de voir cet optimisme brisé par la multiplication des contraintes.

Les dernières études de l’Ifip mettent en avant la performance technico-économique des élevages de porc français – donc bretons. Une bonne nouvelle en trompe-l’œil, estime André Sergent, président de la Chambre d’agriculture du Finistère, qui voit surtout dans ces résultats, l’illustration « d’une politique de non-investissement des éleveurs. Parce qu’ils n’en ont pas les moyens ».

Investir pour préparer l’avenir

Qui dit peu d’investissements, dit peu d’amortissements. Dans ce contexte, les comptes de résultat en profitent pour montrer bonne mine. Mais quand on se projette dans le futur, c’est un outil vieillissant qui se profile et donc des performances moindres à terme. Autrement dit la production porcine se trouve un peu dans la situation d’une exploitation qui n’investit plus à l’image d’agriculteurs s’apprêtant à partir en retraite.

Ce qui se passe en production porcine peut trouver son reflet dans la plupart des productions agricoles du département. « D’une part, parce que toutes les filières, y compris celles qui sont très organisées comme le légume, sont soumises à la récurrence des situations de crise et de volatilité ». Mais les élus de la Chambre pointent aussi « les rigidités ou les distorsions réglementaires qui obèrent, à la différence de nos concurrents européens, la compétitivité de nos exploitations d’élevage ».

Encouragement aux porteurs de projet

Pas question pour autant pour le président de la Chambre d’agriculture « de délivrer un message pessimiste. C’est d’encouragement qu’ont besoin les porteurs de projet ». Ce que le font volontiers les responsables professionnels qui « croient fortement au potentiel agricole » de la pointe bretonne.

Lors d’une conférence de presse organisée en amont de la session de ce vendredi, les membres du bureau ont largement insisté sur ce potentiel agricole et humain d’un Finistère déterminé à tenir le rang économique. À condition qu’on l’aide, « par des mesures simples ». Exemple : le « choc de simplification », demande récurrente réclamée à toutes les tribunes agricoles depuis au moins une dizaine d’années.

Incitation à défaire les talus ?

Un groupe de travail a été réuni au ministère de l’Agriculture le 15 octobre 2014 afin de traiter la définition des règles d’admissibilité des surfaces post 2015. « Aujourd’hui, force est de constater que les conclusions de ce groupe conduisent notamment à retirer les éléments du paysage (haie, talus, bosquet, fossé, etc.) de la surface admissible aux paiements directs du premier pilier, alors que dans le même temps, les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) intègrent ces mêmes éléments de bordure », s’alarme Jean-Hervé Caugant, vice-président. « Nous réclamons par conséquent une révision urgente de ces règles d’admissibilité pour éviter tout risque de dérive anti-environnementale ».

Priorité à l’installation

Cette simplification, les candidats à l’installation l’espèrent aussi avec impatience, appuyés en ce sens par leurs aînés qui placent le renouvellement des actifs et l’installation au sommet des priorités de l’agriculture départementale. « La complexité du suivi et du contrôle administratif post-installation démobilise toujours certains candidats qui, par voie de conséquence, s’écartent du parcours de formation », regrette Odile Caroff, secrétaire adjoint, en soulignant que pour bien évoluer dans le métier, « les jeunes doivent être armés intellectuellement ». D’où aussi la détermination de la Chambre à soutenir le « plan de professionnalisation personnalisé », pour lequel elle a déposé un dossier de labellisation, le 7 novembre, auprès de la DDTM. Didier Le Du

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