Productions Agricoles

Ovin : passage de témoin grâce au parrainage

La filière ovine axe son plan de développement sur l’installation. Le parrainage peut être un outil de transmission intéressant.Témoignage de Raymond Leprizé, éleveur à Québriac (35).

Quitter ses animaux après 30 années de labeur et de sélection… Pas facile de se décider à sauter le pas de la retraite, transmettre son outil et rebâtir un nouveau projet de vie. « Aussi, l’idéal est d’anticiper », témoigne Raymond Leprizé, agriculteur à Québriac (35), à la tête d’un troupeau de 300 brebis (Ile de France et Rouge de l’Ouest), sur 60 ha. Songeant depuis quelques années à transmettre son outil de production, il a pris contact avec l’Adasea dès 2011 pour établir le calendrier des démarches. « Sans repreneur connu, je me suis inscrit au répertoire à l’installation et j’ai suivi la formation « Demain, je transmets ». Une étape importante selon lui qui permet de faire le point sur les droits du cédant, d’appréhender l’aspect juridique de la transmission…

Une cohabitation réussie

Pour une bonne réussite du parrainage, la cohabitation reste le sujet central du contrat. Mais c’est aussi un sujet qui doit être débattu au-delà de la cession de l’exploitation, insiste l’Adasea. Rester sur l’exploitation ou partir… Il faut gérer aussi le point du privé pour le cédant. À Québriac, le sujet est déjà éclairci. Raymond Leprizé avait prévu le logement de son successeur. Sa présence à proximité lui permettra « d’être présent si besoin », à la demande du jeune. Les occasions ne manqueront certainement pas… Mais reste maintenant à faire avancer les dossiers pour concrétiser l’installation, prévue pour le 1er janvier 2015.

Accepter les changements

Grâce à ses démarches, il a découvert le contrat de parrainage. Un outil qui a permis à Thomas Courcier d’arriver travailler sur l’exploitation en avril 2014. Fils d’éleveur et ancien technicien ovin à l’organisation de producteurs Ovi-Ouest, ce jeune candidat à l’installation a saisi cette opportunité « pour gagner une année ».

« Ce système est tout à fait compatible avec le parcours à l’installation de par sa souplesse, par rapport à un statut de salarié. C’est en plus, un an de transfert de savoir-faire avec le cédant, un an pour faire connaissance avec les intervenants sur l’exploitation, un an pour connaître les animaux et commencer à réaménager l’exploitation », confie-t-il. « Si on veut transmettre, il faut accepter de travailler avec le jeune, lui laisser de la liberté pour lui permettre d’avancer dans son projet », insiste Raymond Leprizé, sans que rien ne soit pourtant encore signé en ce qui concerne la cession… Et des changements, il y en a eu depuis quelques mois. Si le cédant avait opté pour un étalement des mises-bas pour fournir en Label Rouge toute l’année et étaler la charge de travail, le projet repose sur la mise en place d’un système de trois mises-bas en deux ans avec de la Romane.

Cette décision a provoqué le départ des Rouges de l’Ouest. « En tant que cédant, il est important d’être préparé à ces modifications. C’était pour moi, une race à laquelle j’étais attaché, celle avec laquelle j’ai débuté… », avoue l’éleveur. Et de continuer : « Mais les races herbagères ne sont plus d’actualité aujourd’hui en Bretagne. Les jeunes recherchent une simplicité de conduite avec des systèmes en bergerie.» Avec son expérience de salarié d’élevage et de technicien, Thomas Courcier veut en effet optimiser l’organisation du travail en limitant l’augmentation du nombre de lots à gérer et en réorganisant les bâtiments, « pour limiter les pas inutiles en bergerie ». Des changements qui devraient lui permettre de gérer seul l’atelier de 500 brebis. « L’année prochaine, j’investirai dans un nouveau bâtiment, mais l’ancien sera déjà opérationnel pour accueillir les 150 agnelages dès janvier.» Carole David

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