7,5 % des exploitations vendent en circuits courts

circuits-courts-commercialisation - Illustration 7,5 % des exploitations vendent en circuits courts

Les producteurs en circuits courts sont plus nombreux sur les Pays de Rennes et de Saint-Malo, mais ils sont présents sur tout le territoire d’Ille-et-Vilaine. Idem pour les installations sur ces créneaux.

500 fermes vendent en circuits courts (CC) en Ille-et-Vilaine (un intermédiaire au maximum), soit 7,5 % des exploitations du département. « De 3 à 4 % précédemment, ce chiffre est en hausse. Plus d’un tiers des exploitants en CC sont en agriculture biologique. Les Pays de Rennes (136 producteurs) et de Saint-Malo (107) sont les territoires avec le plus de ventes directes, mais les 4 autres Pays sont également bien représentés », a détaillé Véronique Blier, de la Chambre d’agriculture 35, lors du Rendez-vous Circuits courts – Accueil à la ferme le 6 octobre à Rennes (voir aussi en page « organisations »).

Les productions végétales en tête

D’un nombre de 107 entre 2009 et 2013, les installations aidées en « CC et Accueil à la ferme » pèsent de 11 à 20 % du total selon les années. Là aussi, les Pays de Rennes et Saint-Malo installent le plus, mais tout le territoire est concerné par ces activités. « La vente par internet, les livraisons… permettent leur mise en place en campagne également. » Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le nombre d’installations non aidées n’est pas très important. Les productions végétales (maraîchage, fruits, horticulture…) sont les plus représentées avec 46 % des installations, suivies des viandes (17 %), des produits laitiers (13 %) et des activités équestres (13 %). « Des reprises d’ateliers existants apparaissent ces dernières années. »

« Pour mieux valoriser »

Visant à produire des références pour évaluer la performance technique, économique, sociale et environnementale, une enquête nationale a été réalisée auprès de 500 producteurs en circuits courts (CC). Les résultats ont été exposés lundi, en ateliers par type de produits. En viande bovine, 89 enquêtes ont été réalisées sur 12 départements (hors de Bretagne) au printemps-été 2012. Ces exploitations vendent de 3 à 150 animaux par an en CC (29 animaux en moyenne). Les ateliers en préparation froide (steaks hachés, saucisses, merguez) et la vente en colis sont les plus représentés. 56 % ont recours à la prestation (découpe, transformation) et 7 % sont en atelier collectif.

« Pour de nombreux éleveurs, les crises ESB ont été un déclic. 90 % des enquêtés ont choisi de mettre en place des CC dans le but de mieux valoriser les animaux, 46 % pour bénéficier d’une meilleure reconnaissance. Pour 22 %, cette création était en lien avec une installation », a précisé Christian Veillaux de la Chambre d’agriculture 35, qui animait l’atelier viande. Une rémunération horaire possible a été calculée, pour voir si le temps passé est suffisamment rémunérateur.

Le goût et le plaisir reviennent

Après l’allégé, le gourmand revient en force dans les achats des consommateurs. Autre bonne nouvelle pour les producteurs en circuits courts, « le budget alimentaire n’a pas baissé dernièrement, comme ça a été le cas pendant 30 ans. Mais il reste de 300 à 350 €/mois en moyenne, et de 450 €/mois pour les plus aisés », synthétise Françoise Phelippot, consultante spécialisée « vente de proximité ». Et d’ajouter : « À prix égal, 90 % des Français préfèrent des produits locaux. Le local prime sur le Label. La naturalité (le « sans ») et l’information sont également attendues par les consommateurs ». En lien avec l’augmentation des repas hors du domicile, les volumes de viandes sont par contre en baisse, sauf les saucisses, jambons, charcuteries… « Des produits déjà élaborés sont demandés. »

Concernant les lieux de vente, les supermarchés sont préférés aux hypers, les marchés de plein vent sont en légère hausse, les magasins de producteurs plaisent, « mais les consommateurs y demandent un choix de produits frais et du professionnalisme. » Attirant des ménages de 30-45 ans avec enfants, le drive ne représente que 3,2 à 3,4 % des ventes en France et concerne surtout des achats « corvées » : de stockage et récurrents (lait, préemballés, pommes de terre, quelques fruits comme les oranges, les pommes…).

Le juste prix ? Pas facile

Établir le bon prix fait partie des difficultés rencontrées par les producteurs qui participaient à la table ronde. « Pour les nouveaux ateliers, il est important de connaître son coût de production pour pouvoir fixer un prix rémunérateur. Des formations existent aujourd’hui… C’est important de démarrer au prix réel, de ne pas commencer en faisant des promotions », soulignent les producteurs. Pour Roseline Mahé, éleveuse à St-Senoux, « le coût peut être expliqué en vente directe, selon la race, le mode de production… Les gens comprennent. S’ils sont satisfaits de la qualité, ils veulent bien payer un peu plus. » Agnès Cussonneau


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