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La fièvre aphteuse s’installe au Maghreb

Des cas de fièvre aphteuse ont été décelés fin juillet en Algérie, premier importateur de bovins vivants français (broutards, génisses, vaches en lait). La période des vacances estivales et le mois sacré du jeûne impliquent également de forts échanges de population entre le Maghreb et l’Europe. Dans ce contexte, le GDS Bretagne appelle à la plus grande vigilance.

Le virus de la fièvre aphteuse se propage de manière inquiétante actuellement au Maghreb. Au printemps, plusieurs foyers avaient été isolés en Tunisie. En Lybie, l’épizootie est également présente.
Malgré les efforts des pays frontaliers pour éviter l’introduction de la maladie sur leur territoire, « la pression est montée d’un cran » : fin juillet des cas ont été décelés dans certaines zones rurales d’Algérie, notamment à forte concentration de bovins à l’engrais, où plusieurs marchés aux bestiaux ont été fermés et où des protocoles de quarantaine, de vaccination et d’interdiction de transport ont été mis en place.

Protéger les exploitations

La maladie semble gagner du terrain à travers le territoire. On parle des villes d’Alger, de Constantine… « Même si ce virus est sans danger pour l’homme, les échanges importants avec l’Europe en particulier pendant ces périodes de vacances d’été font peser une véritable menace sur les élevages bovins, ovins, caprins et porcins de notre pays et tout particulièrement de notre région », prévient le vétérinaire Loïc Maurin en charge du suivi de ce dossier pour le Groupement de Défense Sanitaire de Bretagne.

Le GDS Bretagne invite les éleveurs à ouvrir l’œil quant à l’apparition d’éventuels symptômes dans leurs cheptels (bovins, ovins, caprins et porcins).
Le GDS Bretagne invite les éleveurs à ouvrir l’œil quant à l’apparition d’éventuels symptômes dans leurs cheptels (bovins, ovins, caprins et porcins).

Pour les éleveurs de ces espèces sensibles, il conseille « vigilance et renforcement de la sécurité sanitaire aux frontières des exploitations. » L’objectif étant de ne pas laisser entrer de germes, les véhicules extérieurs ne doivent pas avoir de contacts avec les animaux. « Préférez la désinfection, en particulier des roues, sur une station de lavage située près de la fosse et à l’entrée de l’exploitation. Pour les personnes extérieures devant entrer sur le site, veillez à ce que les chaussures soient propres et désinfectées. Fournissez aux visiteurs de tenues et des chaussures propres comme une cote jetable par exemple… »

Surveiller d’éventuels symptômes

Et le professionnel de la santé animale de poursuivre : « Avec la fièvre aphteuse, dans le doute, on ne s’abstient pas. » La surveillance d’éventuels symptômes de la maladie reste la base : « Boiterie subite, animal qui bave avec des aphtes douloureux, fièvre et baisse d’appétit. » En cas de suspicion, il faut rester dans son exploitation et appeler son vétérinaire qui viendra examiner les animaux, « la visite étant prise en charge par l’Etat. » Le GDS attire notamment l’attention des éleveurs d’ovins qui, en raison de la fête de l’Aïd-el-Fitr qui a conclu le ramadan fin juillet, ont pu avoir des contacts avec des véhicules et des personnes revenant de cette région nord-africaine contaminée.

Pour éviter tout risque que le virus pénètre dans les fermes, l’introduction d’animaux ne se réalisera qu’après s’être assuré du statut sanitaire de l’exploitation d’origine. « Les introductions d’origines inconnues sans traçabilité tels boucles, passeports… sont interdites. Les véhicules en provenance ou ayant transité dans un pays infecté ne doivent pas entrer sur les sites d’élevages. L’approvisionnement en fourrage, paille, litière issus de ces pays est également proscrit », rappelle Loïc Maurin.

Question de civisme des voyageurs

Afin de réduire au minimum les risques d’introduction de la maladie dans notre pays indemne, il en va de la responsabilité de chacun. « Pour les personnes et les véhicules revenant du Maghreb notamment, c’est une question de civisme. » Rappelons aussi qu’il est interdit de rapporter de l’étranger des animaux vivants et des produits d’origine animale, « et ce sous quelque forme que ce soit : viandes, produits laitiers, restes de repas, souvenir en cornes, fourrures, peaux… » Le contact avec des animaux sensibles (bovins, moutons, chèvres, dromadaires,…) est également à éviter. « Et surtout, au retour en France, les voyageurs doivent veiller à bien nettoyer leurs vêtements et chaussures avant d’approcher à nouveau des animaux à onglons qui pourraient développer la maladie » conclut le vétérinaire. TD

Pour toute question ou en cas de doute, contacter votre vétérinaire local ou le GDS Bretagne au 02  96 01 37 00.

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