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Semis de maïs, retour à la raison

Après une première vague de semis de maïs, arrêtée par la pluie, qui s’est déroulée entre le 10 et le 20 avril, les agriculteurs ont réattelé les semoirs le week-end dernier. Il reste maintenant environ une semaine pour terminer les semis sous peine de voir les rendements pénalisés.

Le week-end dernier était consacré aux semis de maïs pour beaucoup d’agriculteurs bretons. Certaines parcelles ont été semées avant le 20 avril et globalement 20 % des surfaces étaient implantées à la date du 2 mai. Selon Stéphanie Montagne, conseillère agronomie à la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine : « Au Nord-Est du 35, les fortes pluies tombées entre le 23 et le 29 avril, ayant succédé à des semis effectués dans la poussière, ont entraîné des phénomènes de battance dans les sols limoneux. Un décroûtage à la houe rotative sera à envisager dans ces parcelles. » Une raison de regretter de ne pas avoir attendu quelques jours avant d’atteler le semoir.

Une terre chaude pour une levée rapide

Les semis sont donc plus tardifs que les deux dernières années mais c’est un peu un retour à la raison. Les mois de mai 2012 et 2013, peu poussants, avaient entraîné un développement lent des maïs et une concurrence accrue avec les  adventices.  « Il est impératif que la terre soit chaude pour une levée rapide, permettant aussi un désherbage efficace et dans de bonnes conditions », explique Michel Moquet de chez Arvalis. Il faut quatre jours à une graine mise dans une terre chaude pour sortir, alors que 15 jours lui seront nécessaires si la terre est froide. « Une culture de maïs se réussit au moment du semis. 50 à 70 % du rendement se fait grâce à un semis de qualité c’est-à-dire régulier et à la bonne profondeur, mais aussi dans de bonnes conditions avec sol bien préparé et ressuyé », souligne Sylvie Picot, responsable des équipes agronomiques pour la Chambre d’agriculture du Morbihan.

50 % des surfaces semées

Malgré les averses locales, les parcelles semées gagnent du terrain et globalement, en cette fin de semaine, plus de 50 % des surfaces en maïs sont implantées en Bretagne. « Il y a tout de même de grandes disparités  sur un même secteur puisque certains ont terminé alors que d’autres n’ont pas encore commencé », livre Sylvain Le Floc’h, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor. En date du 6 mai, il n’y a pas réellement un département plus avancé qu’un autre en Bretagne. Les conseillers en agronomie de chaque département estiment qu’il reste encore la moitié de la surface à semer. L’avis est partagé aussi sur les grosses différences d’avancement selon où l’on se situe. Le conseiller du Finistère estime : « 80 % des semis sont réalisés sur la bande littorale du Sud, 60 % pour le centre, alors que le Nord est à 35 %. » Il n’y a pas encore de quoi s’alarmer, mais il ne faut plus trop attendre pour semer. «  Les semis peuvent s’échelonner de la mi-avril à la mi-mai, après on hypothèque le rendement de la culture. » Nicolas Goualan

L’avis de Michel Moquet, Arvalis

Certains agriculteurs ont attendus pour semer car l’année dernière, les semis de maïs précoces n’étaient pas terribles. La fauche de l’herbe qui s’est déroulée entre le 7 et le 20 avril a aussi retardé les chantiers. Sur les 10 dernières années, on a eu tendance à avancer les dates de semis. Pour 2014, on sera un peu en retard par rapport aux années précédentes, mais ce retard accumulé va être vite rattrapé par la force de frappe en matériel dont disposent les ETA. La période de semis idéale se situe entre le 15 avril et le début du mois de mai, mais c’est surtout lorsque la terre s’y prête. Aujourd’hui il ne faut plus traîner pour semer sinon, on risque de pénaliser le rendement.

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