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Améliorer la productivité

Le pâturage tournant dynamique pour Exprimer le potentiel de l’herbe

Pierrick Berthelot a décidé de diminuer sa surface en maïs et de valoriser au mieux sa surface en herbe en se formant et en appliquant la méthode du pâturage tournant dynamique.

« Avant pour moi l’herbe, c’était de l’herbe. Je ne pensais pas avoir autant de potentiel. Aujourd’hui, en appliquant la méthode du pâturage tournant dynamique (PTD), j’ai vraiment la sensation de valoriser ma culture, tout en étant conscient d’avoir encore une belle marge de progression », observe Pierrick Berthelot, éleveur de Charolaises et Salers à Pacé (35). Après des années de production laitière, il décide, avec son épouse, de s’orienter vers l’élevage allaitant motivé par l’envie de leur fils, de s’installer pour faire de la viande bovine.

Exprimer et valoriser le potentiel de la plante

Sur les conseils de Murielle Menoret, technicienne chez Elvea Bretagne, Pierrick intègre un groupe d’éleveurs pour suivre une formation sur le pâturage tournant dynamique dispensé par Mathieu Bessière, ingénieur chez Innov-Eco 2. Il explique : « Notre volonté initiale est de promouvoir des pratiques innovantes de gestion optimisée des prairies, comme principale ressource alimentaire en élevages herbivores. Pour cela, nous avons recours à l’adaptation de la technique de pâturage tournant dynamique qui permet aux plantes d’exprimer leur potentiel de production maximal et aux animaux de les valoriser de manière optimale, quel que soit le milieu dans lequel ils se trouvent. »

Arrêter le pâturage au stade 5-6 cm

Chez Pierrick Berthelot, les animaux disposent de 0,26 ha d’herbe/UGB, soit 25 ha de pâture (RGA+TB) accessibles autour de l’exploitation. La technicienne d’Elvea Bretagne explique : « L’objectif est d’avoir un chargement élevé de manière à limiter les refus. Il ne faut pas que les bêtes passent plus de 2 jours dans le même paddock. » Les vaches ne doivent pas avoir le temps d’attaquer la gaine de l’herbe pour ne pas pénaliser le rendement en retardant la repousse. Il faut donc arrêter le pâturage au stade 5 à 6 cm et le redémarrer autour de 13 cm. « Cette année, la pousse de l’herbe a démarré tôt. Les vaches sont donc sorties au 15 mars, et à la mi-mai, en sont au 3e tour des paddocks », souligne Pierrick. Il se dit aussi particulièrement impressionné par l’évolution rapide de l’herbe. « En 2 jours, on observe déjà la repousse. Je réalise le gâchis avec mes anciennes pratiques en surpâturant. Je pense être passé de 8 t à environ 12 t MS/ha/an grâce à cette méthode.

D’autre part, j’ai diminué le soja de 2 kg à 1 kg ; je complète avec de la luzerne enrubannée. Le GMQ des taurillons est de 1 520 g/jour alors qu’il était à 1 670 g/jour dans l’ancien système, mais économiquement je m’y retrouve. » Cette méthode demande un investissement au départ en piquets, clôtures et tuyaux pour acheminer l’eau à tous les paddocks. Il y a aussi plus de travail car il faut bouger les animaux presque tous les jours et surveiller la pousse de l’herbe. « Les copains qui pensaient que j’allais m’ennuyer car il n’y a plus de traite à faire s’étonnent du temps que je passe autour de mes bêtes et de mes clôtures. » Mais au final, l’éleveur constate que ce temps passé se retrouve sur le comportement des vaches, « elles sont plus calmes, ça facilite la tâche lorsque l’on doit intervenir sur les bêtes comme au moment des inséminations artificielles. » Et d’ajouter : « L’objectif est de développer encore le système. Cette année, je vais mettre 7 ha de maïs en moins pour augmenter la surface en herbe. Je vais surtout continuer à me former à la conduite de l’herbe car je suis convaincu que j’ai encore à y gagner. » Nicolas Goualan

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