Productions Agricoles

S’enrichir d’une expérience à l’international

Se surpasser, se découvrir, se former… Lors d’une journée régionale à Rennes (35), l’Apécita a souligné l’intérêt d’un séjour à l’international par de nombreux témoignages.

Partir… pour quelques étudiants ou salariés, c’est un rêve qui se réalise. Il apporte enrichissements personnel et professionnel qui peuvent faire la différence sur un curriculum vitae quelques temps plus tard, sur le marché de l’emploi. « Une fois la décision de partir prise, le départ est engagé. Et l’aventure transfère les candidats dans les champs du possible. Partir un jour permet une mobilité pour l’avenir, y compris lorsqu’on a un projet d’installation en agriculture », décrit Jean-Marie Poirier, gérant de la société Odyssée Agri, qui met en lien candidats et exploitants étrangers.

Une autre vision du métier d’agriculteur

« Je souhaitais voir une autre façon de produire », raconte Jean-Baptiste Goubet, 27 ans, du Calvados (14). Voilà qui est fait, lors d’un séjour de 7 mois au Canada, dans une exploitation céréalière de 3 000 ha. « Semis direct, doses à bas volume… Là-bas, l’agriculture raisonnée est conventionnelle », précise-t-il. « J’ai ainsi pu découvrir de nouvelles techniques mises en œuvre, au-delà de ce qu’on peut lire dans les journaux ». Même si les systèmes de production ne sont pas à même échelle, son but est de mettre en application de nombreuses idées canadiennes lorsqu’il s’installera.

Le vie, un tremplin pour l’emploi

Le Volontariat international en entreprises (VIE), instauré depuis 2000, permet aux entreprises françaises de confier à un jeune, jusqu’à 28 ans, une mission professionnelle à l’étranger durant une période modulable de 6 à 24 mois, renouvelable une fois. Sur les 107 VIE en Bretagne, seuls 35 concernent des projets pour 13 entreprises du secteur agricole et agroalimentaire. Ce statut s’adresse généralement à des cadres, et 95% des entreprises utilisatrices le considèrent comme un vivier de recrutement.

Une ouverture professionnelle indéniable

« Les jeunes sont moins attirés par les productions animales. Ils sont plus fascinés par le matériel, les grandes structures et passent auprès de bonnes opportunités » regrette Jean-Marie Poirier. Ce n’était pas le cas de Roland Fanery, 22 ans, qui revient d’un séjour en Irlande, dans une ferme laitière près de Cork. « J’ai beaucoup appris. Néophyte, je suis devenu autonome  en production fromagère, en transformant le lait de 100 vaches en Cheddar », témoigne-t-il. Un DUT génie biologique en poche, il a interrompu ses études pour prendre le temps de voyager, prendre du temps pour réfléchir à son avenir. Il envisage maintenant de poursuivre ses études par une école d’ingénieur.

La région est ouverte sur l’export et pourtant peu de résidents partent, malgré les outils existants. Quel que soit le type de séjour à l’étranger, l’expatrié devient aussi un ambassadeur pour la région, le représentant d’un savoir-faire local.  Une opportunité à saisir pour les candidats en recherche d’emploi et les entreprises agricoles et agro-alimentaires, car « si les bretons ne vont pas à l’export, ce sont les autres qui viendront en Bretagne », clame Laurent Lepajolec, ancien VIE, président du club VIE en Bretagne et responsable d’un bureau d’expert comptable en Pologne. Carole David

L’avis de Gilbert Keromnès, président Apécita

L’Apécita, depuis 60 ans, favorise la rencontre entre employeurs et personnes à la recherche d’un emploi. Mais son rôle est aussi d’informer sur des sujets en lien avec l’emploi. Aussi, cette journée régionale à Rennes a axé deux interventions autour d’un sujet commun, l’international. Les entreprises ne s’adapteront sur les marchés étrangers que si les hommes et les femmes qui y travaillent sont préparés. Les séjours à l’étranger, stages ou emplois, représentent une formidable opportunité pour les entreprises bretonnes, qu’il faut savoir saisir.

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