Soufre sur prairies, des besoins rarement avérés

souffre-prairie-couvert-vegetal-trefle-fauchage-gramine-legumineuse - Illustration Soufre sur prairies, des besoins rarement avérés

Les besoins en soufre des prairies varient en fonction du niveau de production, mais également des espèces présentes, et de la part de graminées et de légumineuses dans le couvert.

En général, dans une prairie mixte composée de trèfle blanc et de graminées, le trèfle blanc est plus pauvre en soufre que les graminées, et ce, d’autant plus que la disponibilité du soufre est faible. En cas de carence, la proportion de légumineuses peut donc assez fortement diminuer.

Déficience difficile à mesurer

Il existe à ce jour peu d’indicateurs de carence en soufre sur prairies. Cependant, les travaux réalisés par l’Earth and Life Institute de l’Université catholique de Louvain ont permis de définir un indice de nutrition en soufre basé sur la concentration en azote et en soufre total du couvert végétal prairial (Lambert et Mathot, 2009) sur le même principe que les calculs des indices de nutrition en phosphore et potassium. Sur cultures, des indicateurs basés sur des analyses de terre ou de plantes permettent de pronostiquer un risque de déficience en soufre. Le diagnostic foliaire à la floraison, basé soit sur la mesure de la teneur en soufre des feuilles, soit sur la mesure du soufre dans le sol, extrait selon la méthode Scott, sont des méthodes bien référencées. D’autres méthodes comme le dosage du sulfate dans le jus de bas de tige (méthode Nutrichek®), le test malate sulfate (seuils d’interprétation pour blé, orge et colza) ou le test GPN® soufre (à partir d’un étalon surfertilisé en soufre) sont plus récentes et nécessitent des calages pour une utilisation en routine.

Le soufre, un élément indispensable

Le soufre est un élément indispensable à la croissance des végétaux. Il contribue à la composition de certains acides aminés (méthionine, cystéine) nécessaires à la synthèse des protéines. Dans le sol, les quantités de soufre sont importantes mais majoritairement sous forme de soufre, forme non assimilable par les plantes qui ne valorisent que la forme sulfate SO42-. Cette forme, très mobile, est peu présente dans les sols et liée aux processus de minéralisation et de lessivage. Les apports de soufre atmosphériques ont diminué de près de 85 % en 25 ans et représentent moins de la moitié des besoins. Dès lors, des carences en soufre peuvent se manifester notamment pour des prairies de fauche conduites de façon intensive avec des apports de fertilisation azotée importante, sur des sols légers et pauvres en matière organique. Ce risque est accentué après un hiver très pluvieux, comme ceux que l’on vient de connaître en 2012 et 2013, et en cas de printemps froid, car la minéralisation de la matière organique est alors peu importante. Cette déficience en soufre  se caractérise par une décoloration vert pâle à jaune des plus jeunes feuilles, observée trop tard au cours du 1er cycle pour aune correction efficace.

Pas d’apport systématique sur prairies

Les situations de carence restent assez rares, et des apports systématiques de soufre sont donc à déconseiller. En situations à risque, comme ce printemps dans les sols légers, avec la pluviométrie hivernale excessive, l’apport de 40 à 60 kg de SO3/ha au moment du premier apport d’azote peut suffire pour corriger les carences en soufre de l’année. Cependant, les références acquises sur prairies, et plus largement sur céréales, montrent des réponses au soufre très variables en fonction des conditions de l’année. Il convient de privilégier, dès que c’est possible, les épandages d’engrais de ferme, ces derniers  contribuant largement à la fourniture de soufre assimilable par la prairie. Didier Deleau /Arvalis-Institut du végétal


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