Productions Agricoles

Le congrès des producteurs en terres bretonnes

L’Union nationale des producteurs de pommes de terre a pour la première fois organisé son congrès en Bretagne. L’occasion de s’inspirer du modèle breton d’organisation économique, qu’elle considère exemplaire sur le plan de l’efficacité.

Après Amiens en 2010, Paris en 2011 et 2013, Reims en 2012, c’est en Bretagne et à Saint-Malo (35) que s’est tenu, jeudi 13 février, le congrès 2014 de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). Un des sujets développés :  « l’organisation des filières, la force des bretons ». Patrick Trillon, producteur de pommes de terre dans le Puy-de-Dôme et président de l’UNPT explique : « La Bretagne méritait un détour pour son état d’esprit et son historique liés à l’organisation économique légumière bretonne et au mouvement syndical au départ de la production de la pomme de terre de plants. » Il poursuit : «  En Bretagne, les filières organisées sont bien d’actualité : la pomme de terre de semence occupe majoritairement la sole, la transfo puise sa réussite dans la locale attitude et la qualité. C’est aussi la première région productrice en bio. La pomme de terre de conservation se partage entre le négoce privé et coopératif. »

90 % des plantations en semences certifiées

Ce congrès de Saint-Malo a donné la parole à des acteurs bretons qui ont mis en exergue des exemples de mise en valeur de la production locale en grande distribution via des marques de distributeurs, de circuits logistiques directs du producteur à l’exportateur, ou encore de fixation de prix sur des références admises de tous. Eric Bargy, PDG de Germicopa a félicité les producteurs français qui sont les bons élèves en matière d’utilisation de semences certifiées. En effet, 90 % des plantations se font en semences certifiées dans l’Hexagone ce qui représente 475 000 tonnes de plants vendus dans le pays.

Pierre Cadiou, directeur de la SA Gopex, spécialisée en sélection, production et commercialisation de semences de pommes de terre, a précisé que 98 % de l’activité de sa société est liée à l’export qui représente 137 000 tonnes de plants sur la campagne 2013/2014. Il n’a pas manqué de glisser que « au contraire de nos politiques, nous on sait vendre. Maintenant ce dont on a besoin c’est de produire. » Et d’ajouter : « Nous, lorsque l’on communique, on communique sur notre identité bretonne et pas française », suscitant quelques réactions des producteurs d’autres régions.

Les chips ont la patate

Philippe Quennemet, responsable des achats de la société Alto a témoigné de la bonne santé de son entreprise. Celle-ci couvre aujourd’hui 35 % du marché français des chips ; 80 % est commercialisé en marques de distributeurs (MDD) et 20 % sous sa marque Bret’s. 200 producteurs travaillent sous contrat avec Alto. Le responsable observe : « on est toujours en développement, on progresse tous les ans et on recrute de nouveaux producteurs chaque année. »

De son côté Fabrice Tréhorel, gérant de la société Douar Den commercialisant des plants et des pommes de terre bio, a expliqué qu’il privilégiait la recherche des débouchés pour les produits avant de mettre en place les surfaces équivalentes chez les producteurs. « Pour que chacun gagne sa vie sans subir les effets des marchés » ; s’il y a un marché potentiel, « le soucis est la régularité des résultats et des rendements d’un producteur et d’une parcelle à l’autre. » Nicolas Goualan

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer