France Dinde, et chèque et mat !

fdsea-22-aviculture-volaille-redressement-judiciaire-amice-soquet-france-dinde - Illustration France Dinde, et chèque et mat !

Dans le cadre du redressement judiciaire du groupe Amice Soquet, les 35 éleveurs de France Dinde ont récupéré leurs 800 000 € de créances.

Jeudi 12 décembre, a eu lieu à Plérin (22) la remise des chèques de créance des 35 éleveurs de la société France Dinde, filiale d’Amice Soquet. Soit 800 000 € au total. « Le dénouement heureux d’un long combat syndical », souligne-t-on, soulagé, du côté de la FDSEA 22.

Un peu plus tôt, le mandataire judiciaire dans la procédure collective France Dinde avait remis la somme aux représentants des éleveurs à Rennes. A Plérin, Estelle Le Hélloco, repreneur du fonds de commerce France Dinde, était symboliquement présente aux côtés de Stéphane Hiquel et Christophe Beurel, les deux contrôleurs-éleveurs désignés pour suivre l’affaire au tribunal, pour remettre en main propre 100 % des créances.

Encore 2 dossiers

Maryline Bessaguet travaille encore sur 2 dossiers du groupe Amice Soquet : la filiale Anjou Accouvage et une autre créance de 60 000 € encore due à des aviculteurs.

Sueurs froides avant la couverture des créances

Après le dépôt de bilan de la société d’accouvage le 3 juillet, le règlement du dû aux éleveurs de dindes repro n’était pas gagné d’avance. Cela n’a été possible que grâce à l’offre de reprise déposée par l’entreprise Le Helloco de Loudéac (22) spécialisée dans la production d’œufs à couver de dindes et de dindonneaux d’un jour. Les 6 heures d’audience du 17 octobre à St-Malo auront été le point d’orgue de cette bataille judiciaire pour les contrôleurs et leur avocat avant le rendu du délibéré le 24 et la promesse de couverture intégrale des créances. « Stéphane et moi avons vécu une expérience sans précédent, avec du stress, des sueurs froides… », racontait Christophe Beurel, aviculteur à Plessala (22). « Merci à Groupama qui a permis aussi de récupérer une somme. Et enfin, on se demande parfois pourquoi nous avons une carte syndicale. Après une telle histoire, on ne se pose plus la question… », lançait-il à destination de Didier Lucas, président de la FDSEA, Pierre-Yves Lozahic, section volaille, et Maryline Bessaguet, juriste de la FNSEA spécialisée en procédure collective et habituellement détachée à la région Poitou-Charentes. Cette dernière, un peu émue, revenait sur l’aventure : « C’est un moment fort d’obtenir enfin ce que nous attendions et de pouvoir vous dire “venez, on a les chèques“.

Encore 3 millions d’euros injectés au printemps ?

En marge de cette remise d’étrennes anticipée, certains n’oubliaient pas de rappeler aussi la manière dont « la famille Amice et ses représentants n’avaient clairement pas faciliter l’issue de ce soir… » Et d’autres de s’interroger sur la destinée « des 3 millions d’euros donnés par l’Etat en mars dernier à un groupe qui allait déjà très mal. Aujourd’hui, où est passé cet argent ? » Bonne question car en effet le FSI Régions et Sodica Capital Investissements (groupe Crédit Agricole) ont investi chacun 1,5 million d’euros « en apport de quasi-fonds propres » au printemps dernier… Toma Dagorn

L’avis de Estelle le Hélloco, Couvoir Le Hélloco

Ce soir, c’est franchement un bon résultat. France Dinde est probablement la seule entité du groupe Amice dont les éleveurs seront indemnisés. Que le paiement des créances entre dans l’offre de reprise me paraissait normal. Les éleveurs en avaient vraiment besoin. De mon point de vue d’accouveur, il est important que les élevages chez qui nous avons des animaux soient en bonne santé financière et que la motivation des gens soit intacte. Nous continuerons à travailler avec une bonne partie des 35 structures. Dans l’immédiat, on termine les lots France Dinde, ensuite on avisera.


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