Élevage

De bons outils de détection de mammites

Plus tôt on détecte, plus tôt on traite et plus grandes sont les chances de guérison. Jean-François Labbé, vétérinaire praticien breton, souligne l’importance de la vigilance vis-à-vis des mammites et revient sur l’intérêt de quelques leviers à la disposition des éleveurs.

Pour assurer une bonne traite, il faut d’abord savoir y réserver un minimum de temps. Et la détection des mammites n’y fait pas exception. « Négliger de tirer les premiers jets, c’est risquer un ou deux jours de retard sur la détection d’une infection mammaire. C’est donc risquer de débuter le traitement un ou deux jours trop tard. A la clé, un taux de guérison potentiel entamé », rappelle un praticien du Morbihan. Vétérinaire dans les Côtes d’Armor, Jean-François Labbé des GTV de Bretagne, rejoint totalement son confrère : « L’examen des premiers jets est la seule façon de détecter une mammite clinique. On peut en plus y ajouter un examen visuel de la mamelle en fin de traite : un quartier resté gonflé doit mettre la puce à l’oreille car en cas de mammite aigüe, ça ne commence pas forcément par un changement d’aspect du lait mais plutôt par une inflammation. » Dans un bol à fond noir, sur le sol sombre d’un quai… « L’idée n’est pas vraiment comment on le fait. Le plus important, c’est de tirer les premiers jets à chaque traite, pour chaque vache et pour chaque quartier. »

Le véto apprécie toutes les infos des robots

Restent que les premiers jets ne sont plus l’affaire de ceux qui ont opté pour la traite robotisée. Là, c’est la machine qui travaille à chaque traite, pour chaque vache et pour chaque quartier en mesurant entre autres la conductivité du lait et en la comparant aux résultats obtenus lors des précédents passages de chaque animal. Car ce critère évolue dès qu’il y a un changement physico-chimique du lait, un symptôme classique rattaché aux mammites. « Aujourd’hui, près de 10 % de notre clientèle a opté pour le robot de traite », raconte Jean-François Labbé. Là, l’éleveur n’observe plus l’aspect des premiers millilitres de lait mais doit surveiller de près les données de traite et les mises en alerte engrangées par le logiciel.

« Avec les robots, nous avons beaucoup plus d’informations sur le moment de contamination de l’animal. On suit l’évolution de la conductivité quartier par quartier, traite par traite… On en apprend même sur le délai que s’accorde l’éleveur avant de déclencher le traitement qui varie d’un élevage à l’autre. Avec les systèmes d’aujourd’hui, nous obtenons une foule de données beaucoup plus faciles à interpréter qu’il y a 10 ans et puis, il y a davantage d’automates sur nos tournées », apprécie le véto.

Certains robots sont très bons en détection précoce

Alors le robot, intérêt ou inconvénient dans la gestion des mammites ? « Globalement, je ne vois pas de différence. Le robot nécessite une grosse vigilance par rapport aux données. Mais la plupart des modèles sont très bons en détection précoce. Le problème majeur est plutôt la possibilité et la facilité pour l’éleveur d’aller récupérer une vache à traiter dans son bâtiment… » D’autant que les troupeaux s’agrandissent et que l’associé chargé des cultures ou de la porcherie d’habitude d’astreinte ce week-end-là ne sait pas toujours reconnaître la 2048 qu’il ne connaît que par écran interposé… Autre point de vigilance avec les robots : « Injecter l’intramammaire dans un quartier vide, trait récemment, en suivant toutes les règles d’hygiène et bien respecter les délais entre deux tubes. » Ce qui est parfois plus compliqué puisque la vache va se faire traire à l’heure qu’elle choisit. Autre avantage des robots : « L’éleveur peut suivre la guérison de l’animal en surveillant la redescente de la conductivité. »

Le Velphone alerte sur les mammites

Depuis quelques années, de plus en plus d’éleveurs utilisent le système Velphone qui mesure la température corporelle de la vache afin d’alerter l’éleveur quand la parturition est imminente. « Indirectement, cette mesure de la température a alerté sur des cas de génisses qui déclaraient une forte fièvre 3 ou 4 jours avant le vêlage. Cela correspond tout simplement au déclenchement d’une mammite contractée en arrivant dans un box de vêlage dont l’hygiène n’était pas suffisante. Dans ce cas-là, pas le choix, il faut commencer à traire l’animal touché. »

Le thermomètre, un outil de détection négligé

Retour en salle de traite. C’est tout bête, mais de sa fosse, on ne pense pas forcément au thermomètre dans la lutte contre les mammites. « C’est dommage mais très vrai, le thermomètre ne fait pas assez partie de l’arsenal de l’éleveur à l’heure de la traite », regrette Jean-François Labbé. « S’il détecte des cailles dans le lait, une mamelle enflée, il va commencer le traitement antibiotique. Mais s’il prenait la température de sa vache et obtenait 41 °C plutôt que 38, soit une grosse hyperthermie, il serait beaucoup plus vigilant. Tous les éleveurs savent qu’une vache qui monte en température mérite une attention particulière. »

Les maladies métaboliques boostent les mammites

Pour Jean-François Labbé, la problématique des vaches en déficit énergétique en début de lactation n’augmente pas le nombre de mammites mais accentue leur gravité et favorise les rechutes. « Sous acidose ou subcétose, l’organisme se défend moins bien, les macrophages ou cellules de défense ont une moins bonne capacité de phagocytose, c’est-à-dire d’avalement des bactéries. » D’autant plus que les déséquilibres de type alimentaire (acidose, excès d’urée…) favorisent les diarrhées et donc le salissement accéléré de l’environnement. « Et ces surfaces souillées vont jouer en faveur de l’incidence des mammites… De manière indirecte, les maladies métaboliques vont augmenter la pression bactérienne sur la mamelle. On obtient la même équation avec les diarrhées liées à des épisodes de grippe… »

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