Pas de pluie, davantage d’évaporation, d’abreuvement… Les niveaux des nappes baissent et les cours d’eau s’assèchent. « Il faudrait plusieurs jours de petites pluies pour que la situation s’améliore jusqu’à une reprise des écoulements suffisants dans les rivières », précise Caroline Cornet, chargée de mission Eau et Littoral à la Chambre d’agriculture de Bretagne.
L’abreuvement fait partie des priorités
Désormais, l’ensemble de la région est en situation de crise sécheresse, niveau réglementaire le plus contraignant, avec de nombreuses interdictions et restrictions, notamment sur l’irrigation. « La population et les animaux sont prioritaires pour l’accès à l’eau, mais peuvent être exposés à une rupture d’approvisionnement. » Aujourd’hui, de nombreux territoires sont sous tension, en particulier ceux dont les usines de production d’eau potable ne sont pas connectées à d’autres réseaux, par exemple le territoire de Roi Morvan communauté.
Dans ce contexte exceptionnel, les prélèvements des différents usagers doivent être ajustés au mieux pour préserver la ressource. « Situés en campagne, bien souvent en bout de réseau, les exploitations peuvent être les premières impactées en cas de baisse de pression, voire de rupture de distribution. » Certaines fermes non raccordées au réseau d’eau potable risquent aussi de se retrouver sans eau si leur forage s’épuise. Quelques élevages bretons ont d’ores et déjà été en rupture, contraints de faire venir de l’eau en camion-citerne.
Estimer son risque de manque d’eau
« Notre première recommandation est l’anticipation. Il est important d’estimer le risque de manque d’eau sur son exploitation, de demander l’avis de ses conseillers habituels, d’anticiper une rupture sur la ferme en ayant par exemple une citerne, une cuve, une pompe… » Avoir la conduite la plus sobre possible est primordial, en adaptant au mieux les débits, en essayant de gérer les pics de température (ventilation, ombrage…). « Demander l’avis de son vétérinaire avant d’utiliser des ressources d’eau différentes est important. »
En cas de basculement sur le réseau d’eau potable, « nous conseillons aux agriculteurs de prévenir leur DDTM et leur producteur d’eau potable et de leur communiquer une estimation des volumes nécessaires pour leur élevage ». « Le diagnostic Eval’Eau de la Chambre d’agriculture permet d’estimer les volumes consommés selon son système d’élevage et les différents usages. »
Agnès Cussonneau
150 L par vache laitière et par jour
Selon des estimations professionnelles, un troupeau de 100 vaches laitières peut nécessiter de l’ordre de 15 000 L d’eau par jour pour son seul abreuvement lors d’une période de canicule, soit environ 450 m³ sur un mois. À cela, s’ajoute l’eau pour la salle de traite, le lavage du matériel et des installations, représentant en moyenne 20 % des besoins. En porc et volaille, l’abreuvement pèse 95 % de la consommation, ce qui ne laisse aucune marge de manœuvre.
