L’arrêté « S21 » du 1er juin 2026 marque un tournant pour la filière photovoltaïque. Cet arrêté succède à l’arrêté du 26 mars 2025, qui fixait les conditions d’achat d’électricité produites par les installations photovoltaïques sur toiture ou ombrière inférieures à 500 kWc. Pour rappel, les projets entre 100 et 500 kWc avaient perdu leur droit au tarif d’achat automatique avec la fin du guichet ouvert, et un basculement vers un système contraignant « d’appels d’offres simplifié ».
Si cet arrêté de 2025 freinait déjà le secteur, avec un rachat de surplus d’électricité produite aux alentours de 4 à 5 centimes par kWh, celui de 2026 impose une refonte totale :
• Effondrement du rachat du surplus à 1,1 cts €/kWh HT, indexé +2 %/an ;
• Suppression de la prime à l’investissement ;
• Arrêt de la vente totale pour l’ensemble des installations.
Face à cette diminution du soutien de l’injection sur le réseau, les porteurs de projets doivent repenser leur stratégie, afin de s’orienter vers des installations portées sur l’autoconsommation. Ces évolutions impliquent deux schémas envisageables :
1 Un dimensionnement précis (autoconsommation individuelle)
Cette première approche vise à adapter le dimensionnement aux seuls besoins de l’entreprise. Ici, l’étude technique devient cruciale afin de rechercher une adéquation parfaite entre production photovoltaïque et consommation électrique. Ce dimensionnement est réalisé sur la base de la courbe de charge du site en intégrant les évolutions futures de l’entreprise (économie d’électricité, nouvelles installations consommatrices).
2 Un surdimensionnement avec une gestion du surplus
Cette seconde option consiste en un dimensionnement supérieur à la consommation de l’entreprise. Ce choix génère un surplus d’électricité photovoltaïque à valoriser. Ce surplus peut être valorisé selon différentes stratégies :
• Le stockage (physique ou virtuel) : il permet d’augmenter l’autonomie électrique de l’entreprise. Ce stockage peut se réaliser via des batteries physiques classiques, soit via le stockage virtuel. Ce dernier consiste à valoriser le surplus injecté au réseau sous forme d’un crédit d’énergie, restituable ultérieurement sans batterie physique.
• L’autoconsommation collective : le cadre juridique permet de vendre son surplus d’électricité à des tiers (collectivités locales, entreprises ou particuliers). Si ce modèle collaboratif peut être attractif pour valoriser son surplus, il exige le respect de critères stricts tels que la proximité géographique, la structuration juridique des participants et une sécurisation du volet contractuel.
Réflexion sur la valorisation potentielle du surplus
Si cette valorisation du surplus est complexe, il faudra dimensionner sur la base des besoins de l’exploitation et parfois, prévoir un schéma évolutif (couverture partielle du hangar par exemple) en attendant des besoins électriques complémentaires (robotique…) ou des solutions de stockage plus économiques.
Antoine Bonnaillie, Claude Rouxel / Cerfrance Bretagne
Valorisation du surplus à réfléchir
Les anciennes tarifications permettaient une souplesse en termes de dimensionnement sans se poser de question sur la valorisation du surplus car sa valorisation restait correcte. En revanche, cette évolution tarifaire nécessite de bien raisonner les nouveaux projets, avec une réflexion sur la valorisation potentielle du surplus.

