Des auxiliaires qui font mouche

En combinant acariens prédateurs et mini-guêpes parasitoïdes, le Gaec de la Coëtionnaie déploie une stratégie de biocontrôle efficace contre les mouches. Une méthode planifiée dès le début de saison qui réduit la pression dans l’élevage.

éleveur en train d'épandre des acariens sur une aire paillée - Illustration Des auxiliaires qui font mouche
L'application des auxiliaires se fait rapidement et à la main. | © Paysan Breton

« Les mouches sont un problème pour nous, mais aussi pour nos vaches », racontent Aurélie et Stéphane Maillard, associés au Gaec de la Coëtionnaie, à Caro (56). « Pendant la traite, lorsqu’elles sont piquées, les vaches peuvent réagir vivement. » En 2024, les éleveurs ont constaté une présence d’insectes nettement plus importante que d’habitude. « Même nos voisins étaient complètement envahis. » Ils se tournent alors vers les solutions de lutte biologique proposées par Bestico et distribuées par Eureden. La première application a eu lieu en mars 2025.

Acariens et guêpes

« Nous avons d’abord identifié les zones de reproduction des mouches dans l’élevage », explique Joris Leroux, technico-commercial chez Bestico. « Ici, elles se situent principalement au niveau de la fumière, de l’aire d’exercice, de l’aire paillée, des niches à veaux et des abreuvoirs. » Deux auxiliaires sont utilisés pour réduire la pression des mouches : des acariens et des mini-guêpes. Les premiers sont appliqués une fois par an, au mois de mars. Ils s’attaquent aux œufs et aux jeunes larves de mouches. Leur développement rapide permet de coloniser le milieu en quelques jours. Les mini-guêpes sont quant à elles épandues toutes les quatre semaines, jusqu’au mois d’octobre. Elles parasitent la pupe de mouche, stade intermédiaire entre la larve et l’adulte. « Nous sommes livrés toutes les quatre semaines et le protocole est bien cadré en début de saison », indiquent les agriculteurs. « Les dates d’application sont donc intégrées dans notre planning. » Cette solution de lutte coûte 1 400 € HT par an aux éleveurs.

La pression diminue

Il faut environ 30 minutes à Aurélie Maillard pour appliquer les auxiliaires sur le site principal ainsi que sur celui dédié à l’élevage des génisses, situé à un kilomètre. L’épandage se fait à la main, le long des murs, zones privilégiées par les mouches pour pondre leurs œufs. « C’est également l’occasion de faire le tour de l’élevage », souligne-t-elle.

Les animaux sont moins stressés

Aujourd’hui, les associés constatent une présence de mouches nettement plus faible. « Nous travaillons dans de meilleures conditions, les animaux sont moins stressés et nos voisins ne sont plus gênés. Nous utilisons également beaucoup moins d’insecticide sur le dos des vaches. »

Alexis Jamet

Des pièges extérieurs

Cette année, en plus du protocole habituel, Aurélie et Stéphane Maillard vont utiliser des pièges en extérieur. Ces seaux contiennent un appât qui attire les diptères à l’intérieur. « Nous souhaitons les positionner sur le chemin de retour au pâturage afin de capter encore plus de mouches avant la traite », déclarent-ils.


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