Après avoir rejoint son père Alain sur l’exploitation en 2024, l’une des premières actions de Mathieu Le Nouvel a été de changer la génétique de la lignée mâle. « Nous utilisions auparavant des piétrains. Les performances en engraissement ne me satisfaisaient pas », raconte le jeune éleveur de 29 ans. Désormais, l’élevage insémine avec des doses de Duroc DanBred, tandis que les femelles (en autorenouvellement) sont de souche TN70, fournie par Topigs.
La SCEA de la Butte Rouge élève 320 truies en quatre bandes avec sevrage à 28 jours. L’élevage est réparti sur quatre sites : un dédié au naissage, un autre à l’engraissement avec alimentation complète à volonté, un troisième (PS et engraissement) équipé d’une alimentation multiphase à sec valorisant à 65 % le blé de la ferme, et enfin un site avec machine à soupe pour valoriser le maïs (PS et engraissement). « Nous avons 2 500 places à l’engraissement », affirme l’agriculteur. La structure comporte 3 UTH à 39 heures hebdomadaires : Alain et Mathieu Le Nouvel ainsi qu’un salarié.
Progresser sans rien changer
Les résultats technico-économiques n’ont pas tardé à s’améliorer, et ce, sans modification majeure de la conduite d’élevage. « Nous avons gagné 0,8 porcelet sevré par portée, pour un total actuel de 13,5 », détaille Mathieu Le Nouvel. « Les pertes sur nés vifs ont également baissé de 5 % car les porcelets sont plus vifs et robustes. Nous observons aussi moins de diarrhées néonatales et moins de mort-nés. »
Nous avons gagné 0,8 porcelet sevré par portée
C’est surtout en engraissement que les résultats ont été à la hauteur des espérances de la SCEA de La Butte Rouge, particulièrement sur le site où l’aliment est distribué à volonté. Sur les six derniers mois, le GMQ et l’IC 30-115 sont respectivement passés de 884 à 1042 g/j et de 2,4 à 2,19. Les porcs ont également pris 4,7 kg de plus au moment de leur départ pour l’abattoir. « Comme leur croissance est plus rapide, ils partent également une dizaine de jours plus tôt », ajoute l’éleveur. Le TMP a, quant à lui, légèrement chuté (62,7 à 61,3), mais est largement compensé par l’augmentation du poids.
Optimiser les courbes
Après l’introduction de la nouvelle génétique, la courbe de l’alimentation multiphase d’un des sites PS et engraissement n’a volontairement pas été modifiée, afin d’évaluer les changements « toutes choses égales par ailleurs ». Le GMQ 8-115 a légèrement progressé (762 à 781 g/j), tandis que l’IC est passé de 2,19 à 2,07. « Cela montre qu’il y a encore une belle marge de progression en ajustant les courbes », souligne Mathieu Le Nouvel. Son objectif est d’améliorer l’indice pour atteindre 2. Enfin, les sevrages seront bientôt déplacés au lundi pour décaler les mises bas en semaine et en assurer un meilleur suivi. « J’aimerais atteindre 14 sevrés par portée », déclare-t-il.


Des bâtiments peu chauffés
Mathieu Le Nouvel veille à maintenir une température relativement basse dans ses bâtiments. Elle est de 20 °C en maternité, avec des nids à 26-30 °C pour les premiers jours de vie des porcelets. Le PS est maintenu à 22 °C environ, et est également équipé de niches chauffées. « Une bonne régulation thermique et une ventilation adaptée permettent de sortir plus de poids », indique l’éleveur. La maternité est également équipée d’un système de cooling, qui permet de gagner 5 à 6 degrés lors de fortes chaleurs.
Alexis Jamet
Gains économiques et souplesse de travail
« D’après les références de l’Ifip de 2024, un gain de 0,5 porcelet sevré par portée équivaut à 104 € par truie et par an ou 3,7 € par porc produit supplémentaires », affirme Jean-Marie Plumas, technico-commercial chez DanBred. « De plus, une baisse de 0,1 point d’IC en engraissement représente une plus-value de 71 € par truie et par an ou 2,7 € par porc produit supplémentaires. » En outre, la croissance accrue des animaux a pour conséquence l’allongement des durées de vide sanitaire, soit plus de souplesse pour les éleveurs.

