Entre modernité, passion et défis sociétaux

À 54 ans, Patrick a déjà vécu plusieurs vies d’agriculteur. Installé avec ses parents en 1994, puis en Gaec jusqu’en 2007, il n’a jamais cessé d’adapter son métier aux évolutions du monde agricole. Aujourd’hui, la transmission est en marche car son fils a pour projet de le rejoindre sur l’exploitation familiale. Ensemble, ils se tournent autant vers l’innovation que vers le bien-être au travail.

Un homme devant des vaches au cornadis - Illustration Entre modernité, passion et défis sociétaux
Patrick, un agriculteur bien dans ses bottes.

Sur l’exploitation de 56 hectares, le troupeau de 73 vaches normandes produit chaque année près de 456 000 litres de lait. Ici, la qualité est le maître-mot : 70 € de plus-value en moyenne récompensent un lait de terroir aux normes élevées. Pour se diversifier, l’électricité photovoltaïque a fait son entrée, marquant un virage vers les énergies renouvelables et stockables en batterie pour l’exploitation.

« Travailler quelque chose que l’on aime »

Si Patrick s’est engagé dans la voie agricole, c’est d’abord par passion.

« L’essentiel, c’est d’aimer ce que l’on fait. Le bonheur au travail, c’est primordial », insiste-t-il. Les années ont toutefois transformé l’exigence du métier : les charges de travail augmentent de génération en génération, et l’enjeu humain devient central. « On ne doit pas garder les mauvaises tâches. L’humain doit rester le maillon fort ».

Pour attirer de nouveaux salariés ou futurs chefs d’exploitation, « le salarié de demain est dans les villes ». L’agriculture doit redevenir un milieu où l’on peut trouver équilibre et liberté, organiser son temps, construire le système qui nous ressemble, prendre plaisir chaque jour.

La technologie pour améliorer le quotidien

Sur l’exploitation, les innovations ne sont plus un luxe. Elles deviennent indispensables. GPS sur le tracteur, détecteur de chaleur pour suivre la reproduction du troupeau… « Cela simplifie le travail et améliore la précision », confie l’éleveur. Demain, il imagine déjà des tracteurs autonomes et électriques et une technologie omniprésente dans le quotidien. Mais il prévient : « L’agriculteur de demain ne doit pas être un robot. Il devra garder du bon sens paysan, ce qu’on veut transmettre. »

Une profession engagée dans les transformations

Présent au syndicat normand et membre du comice cantonal, Patrick échange régulièrement avec d’autres acteurs du territoire. Il s’ouvre à l’évolution des attentes : réduction des produits phytosanitaires, contractualisation, impacts du climat…

Cependant, il rappelle un enjeu majeur : « Le gouvernement doit mieux comprendre ce qui est commandé à l’agriculture française, et ce qu’elle représente dans le monde. » La politique peut accompagner le changement, simplifier la vie des exploitants, réduire la charge psychologique, soutenir les choix durables.

Le pouvoir d’achat bouscule l’alimentaire

Pour l’agriculteur, les consommateurs portent aussi une part du changement : « Le prix décide de tout. L’alimentation n’est plus une priorité dans les ménages. » Les labels, le local ? Ils sont souvent au second plan. Pourtant, ils participent à la valeur du travail agricole et à la pérennité des territoires.

L’avenir : relever le défi humain

Le renouvellement des générations reste un défi : attirer, former et fidéliser les futurs acteurs du monde rural. Être « un bon employeur » devient crucial. Mais l’attractivité d’une ferme dépend aussi de ce qui l’entoure : écoles, médecins, services… « Choisir une région, c’est aussi penser à sa famille », rappelle Patrick.

Une agriculture qui a déjà énormément évolué

Le chemin parcouru est immense, de l’élevage familial avec seulement 10-15 vaches et quelques cochons à l’élevage connecté d’aujourd’hui. Mais Patrick garde les pieds sur terre : « Le monde agricole avance, mais le bon sens doit rester notre boussole. On construit ce qu’on a envie de transmettre. »

L’agriculteur de demain sera donc à la fois technicien, gestionnaire, protecteur de l’environnement, employeur et garant du lien avec les citoyens. Et comme Patrick, il devra surtout rester passionné !

BTSA ACSE – Iréo de Lesneven

2e prix du Concours d'écriture 2026

En partenariat avec le journal Paysan Breton, Eureden a organisé pour l’année scolaire 2025/2026, un concours de rédaction d’articles sur le thème : “L’agriculteur de demain”. La participation à ce concours est ouverte aux étudiants des classes de BTS de France métropolitaine (ACSE, Productions animales, agronomie et systèmes cultures, protections des cultures, machinisme…) et des écoles d’ingénieur agricole, avec l’aide des professeurs. La participation se fait au titre de la classe.

Présentation du BTS ACS'AGRI de L'Iréo de Lesneven

École d’agriculture proposant des formations de la quatrième à la licence professionnelle, l’Iréo de Lesneven est également un centre de formation professionnelle d’adultes, une antenne de formation par apprentissage et un centre-ressource pour le territoire et son agriculture. Toutes nos formations sont en alternance depuis 1964. Cette année, 40 étudiants sont inscrits en première année de BTSA ACS’AGRI (Analyse, conseil et stratégie de l’entreprise agricole) à l’Iréo. Cette classe accueille des jeunes en statut apprenti et en statut étudiant.L e BTSA ACS’AGRI permet aux étudiants d’acquérir de solides capacités d’analyse et de gestion qu’ils pourront mettre en œuvre en production animale ou végétale. Il ouvre sur de nombreux métiers avec ou sans poursuite d’études, pour devenir chef ou second d’exploitation, se spécialiser dans les métiers du conseil,de la vente, de la gestion ou de la banque.


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