Comme en 2022 avec la guerre en Ukraine, il aura suffi d’un nouveau conflit pour rappeler une fragilité : les produits pétroliers représentent encore près des trois quarts du mix énergétique agricole.
Derrière chaque hectare cultivé se cache en effet une forte dépendance au pétrole. Le gazole des tracteurs bien sûr, mais aussi l’énergie nécessaire pour produire les engrais, fabriquer les produits phytosanitaires ou transporter les aliments pour animaux. Autant dire que lorsque le baril s’envole de 70 %, comme actuellement, c’est toute l’économie des exploitations qui est impactée.
L’énergie n’est plus seulement une ressource, elle est aussi une arme économique
Dans ce contexte instable, la transition énergétique agricole prend une dimension qui dépasse la seule question climatique. La Stratégie nationale bas-carbone vise une réduction de 18 % des émissions d’ici 2030 et de 46 % à l’horizon 2050, avec l’ambition de substituer progressivement les énergies fossiles par des énergies renouvelables. Au-delà du climat, cette trajectoire constitue aussi une forme d’assurance face aux secousses géopolitiques d’un monde de plus en plus instable.
Réduire la dépendance énergétique devient donc un enjeu de résilience pour les exploitations agricoles. Cela passe par des pratiques agronomiques plus sobres – rotations intégrant des légumineuses, fertilisation organique, optimisation du matériel agricole, etc. – mais aussi par la production d’énergie à la ferme. Méthanisation, cultures oléagineuses pour biocarburants, panneaux photovoltaïques : autant de pistes pour sécuriser les coûts et gagner en autonomie.
Car dans le monde agricole comme ailleurs, l’énergie n’est plus seulement une ressource. C’est aussi une arme économique. Et quand les grandes puissances jouent avec le baril comme avec une allumette, l’autonomie énergétique devient une question de souveraineté.

