Dossier technique

Suivi du pareur et pédiluves réguliers font recette

Pour faire reculer les maladies infectieuses du pied, le praticien Pieter Geboers mise sur la fréquence des visites du pédicure et la mise en œuvre de traitements collectifs. 

Un homme à côté dune vache de race Normande dans une cage de parage - Illustration Suivi du pareur et pédiluves réguliers font recette
Le vétérinaire Pieter Geboers intervenant lors de la formation de pédicure pour bovins au CFPPA du Rheu (35). | © Paysan breton - T. Dagorn

Sur un élevage, les interventions de parage doivent être réalisées régulièrement et sur de petits lots d’animaux. C’est le message martelé depuis des années par l’équipe d’encadrants de la formation de pédicures pour bovins organisée chaque année au CFPPA du Rheu (35). « Parer tout le monde d’un coup n’a pas d’intérêt. Sauf peut-être pour une toute première intervention, dans un contexte de boiteries importantes, histoire de remettre les compteurs à zéro et de poser un diagnostic de pathologie dominante », explique Pieter Geboers, vétérinaire qui intervient comme formateur. Lui prône et pratique l’approche « en suivi » au sein de son cabinet rayonnant dans la Meuse et les Ardennes où il intervient avec trois pédicures salariés. « Pour un cheptel de 60 vaches, nous passons tous les deux mois. Pour 150 vaches, nous sommes là toutes les 4 à 6 semaines maximum. » 60 troupeaux adhèrent à ce service protocolaire. « En décembre, chaque année, je fixe les 600 rendez-vous pour l’année à venir. Comme nous, les éleveurs disposent de ce planning annuel précieux pour s’organiser. »

Un homme vérifie la qualité du parage du pied arrière d'une vache de race Holstein
Le vétérinaire Pieter Geboers vérifie le travail d’un apprenant lors de la formation de pédicure pour bovins au CFPPA du Rheu

Parer plus souvent sur sol souple

En suivi mensuel, le groupe d’animaux à passer dans la cage est constitué des vaches approchant du tarissement (« On doit toujours viser zéro boiterie pendant la période sèche si on veut aller chercher le meilleur pic et la persistance à la lactation suivante »), celles ayant passé le 40e jour après vêlage et bien sûr celles présentant une boiterie.

Viser zéro boiterie à la période sèche

Ces rendez-vous fréquents permettent aussi, par exemple, de répondre au besoin plus important de parage fonctionnel réclamé par la présence d’un sol souple : « Pour apporter du confort à leurs animaux quand ils passent beaucoup de temps à l’intérieur, des producteurs de lait couvrent en effet de plus en plus les aires d’exercice de caoutchouc. Cela induit clairement une moindre usure de la corne », précise Pieter Geboers. Rétablir de bons aplombs est favorable à la locomotion des animaux et donc à la fréquentation des robots. Cela joue aussi en faveur de la prévention de certaines affections du pied provoquées par des problèmes de surcharge (ulcère derrière une bleime par exemple) quand la corne pousse et s’use de façon irrégulière.

Une installation pour réaliser des pédiluves à l'extérieur d'un bâtiment sur un élevage laitier
Entre deux visites du pareur, le pédiluve est un outil efficace pour traiter les lésions jeunes de maladie de Mortellaro

Bains de pieds contre lésions jeunes

Mais surtout, le suivi mensuel ou presque apporte une grosse plus-value sur la maîtrise des pathologies infectieuses, rapporte le vétérinaire. « En prenant en charge beaucoup plus précocement les lésions, rapidement on gagne du terrain et les formes compliquées, nécrosées, sévères disparaissent. » Il y a pourtant quelque chose qui échappe à cette méthode : « Les petites lésions de Mortellaro en phase M1 ne sont pas facilement repérées par les éleveurs. » Les signes de boiterie pouvant être encore discrets, les animaux concernés ne sont donc pas glissés dans le lot qui attend le pédicure. « La maîtrise passe alors par le recours au traitement collectif entre les rendez-vous de parage. À condition que les pieds ne soient pas encroûtés quand ils foulent la solution désinfectante. » Pour le vétérinaire, il y a une « parfaite complémentarité » entre passages fréquents du pédicure et bains de pieds réguliers « Dans ce cas, il y a un baisse claire de l’incidence du fourchet et de la dermatite digitale. » L’observateur note au passage que les systèmes de pédiluve automatique se développent dans les fermes qu’il visite où l’élevage cohabite souvent avec des grandes cultures gourmandes en main-d’œuvre à certaines périodes. « L’automatisation est un vrai plus pour s’assurer que les traitements sont toujours réalisés, correctement, tout en diminuant la charge de travail. »

Toma Dagorn

Racleurs et robots au boulot

« Les animaux passent davantage de temps en bâtiment », rappelle Pieter Geboers qui estime que la moitié de sa clientèle est aujourd’hui en traite robotisée. Il faut se pencher de près sur l’environnement du troupeau. « Certains veulent économiser sur le nombre de passages quotidiens des racleurs. Pour moi, le raclage doit avoir lieu toutes les deux heures si possible. » Il faut éviter que les onglons trempent dans les déjections, que les pieds se salissent. À ce propos, les robots aspirateur ou collecteur de lisier trouvent de plus en plus leur place dans les stabulations, rapporte le vétérinaire. « Parfois, pour limiter l’investissement, des éleveurs ne parient que sur un seul automate. Cela ne suffit pas dans les étables de grande taille et il faut lancer un deuxième robot pour accéder à la propreté attendue. »


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