La réforme de la Politique agricole commune (Pac), qui doit entrer en vigueur en 2028, commence à prendre forme. Son architecture est désormais connue, même si les négociations se poursuivent. La colonne vertébrale de la réforme reste les aides à l’hectare, destinées à sécuriser le revenu face aux aléas de marché. Environ 300 milliards d’euros sont prévus à l’échelle de l’UE pour ces paiements directs entre 2028 et 2034. Ce budget inclut aussi une réserve mobilisable en cas de crise de marché ou de chute brutale des prix. Le second pilier remué En comparaison avec la Pac précédente (386 milliards d’euros), le montant strictement agricole semble en baisse. Mais la Commission européenne met en avant une lecture plus large. Le changement majeur concerne l’actuel second pilier, dédié au développement rural (installation, modernisation, diversification…). Il ne disparaît pas, mais sera intégré dans de vastes « plans de partenariat nationaux » regroupant différents fonds européens : développement régional, transition écologique, gestion des frontières, etc. Cette intégration suscite des inquiétudes : les agriculteurs redoutent une dilution des crédits dans un ensemble aux objectifs plus larges. La Commission assure toutefois que 10 % de cette enveloppe globale – soit environ 45 milliards d’euros – seront sanctuarisés pour le développement rural agricole. S’y ajouteraient 49 milliards d’euros supplémentaires, annoncés lors des discussions autour du traité Mercosur, et mobilisables dès 2028. La traduction nationale Alors, plus ou moins d’argent ? Tout dépend donc du périmètre retenu. Si l’on ne regarde que les aides directes, l’enveloppe est inférieure. Si l’on additionne les montants fléchés vers le rural et les fonds complémentaires, le total se rapproche – voire dépasse légèrement – celui de la précédente Pac. Pour les exploitants, l’essentiel ne sera pas seulement le montant global, mais la traduction nationale : critères d’attribution, priorités (jeunes, innovation, transition),…
Moins d’argent, plus d’arbitrages
La prochaine Pac restera, pour les agriculteurs, d’abord un outil de soutien au revenu, mais avec un budget réorganisé et des conditions d’accès qui évoluent.

