« Nous avons découvert le travail avec un chien de troupeau, ici, avec nos cédants avant de reprendre l’élevage », racontent Charles Leconte et Jean-Marie Diridoulou. Leurs prédécesseurs achetaient des chiens déjà dressés. « C’est beaucoup plus cher, mais l’animal est prêt à travailler. » Oslo est ainsi arrivé à l’été 2020 d’une autre ferme. En janvier 2025, il a été rejoint par Viggo, alors âgé de 4 mois. « Chacun a sa façon de donner des ordres et d’interagir avec le chien. Comme nous sommes deux associés, nous voulions un deuxième Border collie. C’est plus simple », expliquent les éleveurs qui ont suivi une formation spécifique. Oslo forme la paire avec Jean-Marie. Viggo travaille avec Charles. Et les vaches sont bien gardées.


Opérateur du quotidien
Au Gaec des Ruisseaux, le Border collie est un opérateur du quotidien. « Un confort et un gain de temps important. » Au travail, ce qui change vraiment est que l’éleveur se trouve devant les animaux et que le chien les ramène vers lui, explique Charles Lecomte. Dans ce système très pâturant (sortie à l’herbe tout l’année) en monotraite, le fidèle compagnon va chercher les vaches à la prairie une fois par jour. « Nos paddocks font 1 ha en moyenne. Le chien rassemble les vaches et les sort en deux minutes. Je peux en profiter pour avancer le fil avant, il ne laissera personne faire demi-tour. » Puis il ramène tout le monde jusqu’au parc d’attente. « Pendant la traite, il reste à proximité. Nous ne quittons jamais la fosse : si besoin, il peut pousser des traînardes vers les quais. »
Sans le chien, il me manque un truc
Le Border apporte « une vraie sécurité » car il y a des routes à franchir pour accéder à certaines prairies. « Lui pousse les vaches sur le chemin de pâturage. Pendant ce temps, nous allons en voiture installer les ficelles là où le troupeau traverse la chaussée. »
Bénéfice en atelier laitier
Le chien vient aussi en appui « pour les mouvements entre bâtiments », par exemple pour sortir du troupeau les taries ou intégrer des génisses prêtes à vêler. Ponctuellement, quand une génisse a sauté une clôture ou que le troupeau est entré dans le mauvais paddock, le chien permet de régler le problème en deux coups de cuillères à pot. « En élevage laitier, on déplace souvent les bovins. Pourtant, vu le bénéfice apporté, assez peu d’éleveurs ont un chien », note Charles Lecomte. « Aujourd’hui, quand il n’est pas avec moi, il me manque un truc. »
Toma Dagorn
Ce printemps, le Cédapa propose 4 jours de formation « Éducation et dressage du chien de troupeau ». Informations : 02 96 74 75 50
L’importance de la formation
Viggo a 17 mois. « Il pousse trop encore », évalue Charles Lecomte. « Un chien commence à être opérationnel vers 2 ans. À 4 ans, sa formation est terminée. » Il faut y investir du temps : « L’idéal, c’est 10 à 15 minutes par jour. Actuellement, je n’y suis pas… » L’éleveur insiste sur l’importance du passage en formation – « pour apprendre à être précis » – avec Guy Martinon de l’association Border Collie 22. « Pour prendre les bonnes habitudes et attitudes, c’est indispensable autant pour le chien que pour le maître. »

