Formations cultures spécialisées : Le point de départ de la réussite

Ces formations ont toutes un point commun : le sujet émane du terrain, et des formateurs spécialisés sont appelés pour apporter les bonnes réponses technico-économiques.

Un champ de vigne - Illustration Formations cultures spécialisées : Le point de départ de la réussite
La demande de formation en culture de vigne progresse en Bretagne. | © Chambre d'agriculture de Pays de la Loire

La gamme de formations proposées par la Chambre d’agriculture s’est « énormément ouverte. Par le passé, elles ne traitaient quasiment que de sujets techniques ou réglementaires. Les typologies d’exploitations et les modèles se sont diversifiés, il y a beaucoup plus de sessions consacrées à des thématiques de niche », précise Anthony Brulé, responsable équipe légume et cultures spécialisées au sein de l’établissement consulaire. En 2025, sur la région Bretagne, ce ne sont pas moins de 800 sessions de formation qui ont été organisées, cumulant un total de 1 200 jours. 7 400 agriculteurs, porteurs de projet et salariés y ont participé ; 47 nouvelles thématiques sont venues enrichir le catalogue proposé, avec des sujets comme la petite transformation à la ferme, la fermentation des produits alimentaires, la formation à la vente directe ou le management de ses salariés. Et le choix des sujets est guidé par le terrain : « Quand on perçoit un besoin, on essaie d’y répondre par le biais de la formation ». Ainsi, l’émergence de nouvelles cultures dans les terres bretonnes a conduit à l’organisation de sessions concernant la viticulture, la production de fruits comme les kiwis. À chaque fois que nécessaire, les équipes font appel à des formateurs spécialisés dans le domaine.

Collecter des informations robustes en un minimum de temps

Planter, mais ne pas se planter

En ce qui concerne la vigne, « dans un contexte de changement climatique, tout a démarré il y a 20 ans, à l’initiative de particuliers et d’associations locales, sous la bannière de l’ARVB (Association pour la reconnaissance des vins de Bretagne) ». Le terroir de la région réunit par endroits les conditions de pousse des ceps, des contacts sont noués avec des professionnels originaires du sud de Montpellier. Avec l’arrivée de projets professionnels, est née l’AVB, pour Association des vignerons bretons. Petit à petit, en réponse à l’augmentation des surfaces bretonnes, la Chambre d’agriculture a sollicité des formateurs des Pays de la Loire pour faire progresser les producteurs, l’idée étant de ne pas dupliquer les méthodes, mais de les adapter à la Bretagne. Compatible avec les connaissances d’un débutant, cette formation peut intéresser « des personnes qui ont un projet de vie, mais aussi d’autres candidats qui veulent saisir cette opportunité, des cidriers qui ont de la terre, du matériel comme des pressoirs ». Et, pour des producteurs en fin de carrière qui gardent des parcelles, planter de la vigne est un moyen d’allier activité professionnelle et plaisir.

Panier de fruits

Toujours dans le domaine des cultures spécialisées, la plantation de kiwi. « Il existe des opportunités, mais la part de risque est énorme : si on ne choisit pas la bonne variété, le projet est voué à l’échec ». Au même titre que pour sa formation en vigne, la Chambre d’agriculture fait appel à des spécialistes du kiwi, en l’occurrence le Bik, pour Bureau national interprofessionnel du kiwi, basé dans le Lot-et-Garonne (31).

Dans les cartons de thématiques de prochaines sessions, Anthony Brulé évoque les agrumes, déjà travaillés par la coopérative Les maraîchers d’Armor et la station expérimentale d’Auray (56). Cette large famille des rutacées est regardée d’un bon œil par les maraîchers, pour qui la grosse saison de production se termine en octobre. « Ils basculent sur la gamme hiver, moins séduisante, moins diversifiée. Aussi dans des vieux tunnels avec des problèmes de mildiou terrestre engendrés par des cultures de solanacées (pomme de terre, tomate), les agrumes pourraient avoir toute leur place ».

Venir en formation, c’est aussi une façon de créer un collectif : « Il y a le contenu à proprement dit de la formation, mais aussi la synergie du groupe. Chacun vient avec ses idées et ses expériences. Se former, c’est collecter un maximum d’informations robustes en un minimum de temps ».

Fanch Paranthoën

Formation vigne : Mathieu Havard, mathieu.havard@bretagne.chambagri.fr, 06 83 44 97 39

Formation kiwi : Gabrielle Marcant, gabrielle.marcant@bretagne.chambagri.fr, 06 62 99 56 28

Ne pas vendre du rêve

Florent Banctel – Conseiller et formateur en viticulture

Grâce à la libéralisation des droits de plantation, on peut créer des vignes dans des endroits où il n’y en a pas. C’est le cas de la Bretagne, qui bénéficie en plus d’ensoleillement et d’un climat qui évolue. Nos conseils sont aussi variables que les participants aux formations : il y a les exploitants qui veulent se diversifier mais qui ne connaissent pas la culture, ou ceux, sans terrain, qui le feront sur une petite surface. C’est un métier magnifique. Mais attention ! À nous de donner les garde-fous, de rappeler les réalités économiques : s’il n’y a pas de raisin de récolté, on met un bouchon sur une bouteille vide et on écrit « rêve » sur l’étiquette !


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