Biostimulant : investissement intelligent ou coût inutile ?

Face à la multitude de solutions proposées sur le marché, il devient difficile de savoir quels biostimulants choisir. Entre promesses d’amélioration des rendements, tolérance aux stress et qualité des récoltes, il est essentiel de comprendre ce que ces produits apportent réellement.

Des personnes en train de ramasser des algues sur une plage - Illustration Biostimulant : investissement intelligent ou coût inutile ?
Ramassage d'algues Ascophyllum nodosum 
par l'entreprise Symbiomer.


Les offres de biostimulants sont nombreuses et semblent toutes plus attractives les unes que les autres. Mais pour autant, est-ce que toutes les solutions se valent réellement et surtout sont-elles rentables ?

Ne pas confondre biostimulant et biocontrôle

Bien que tous les deux issus de matières naturelles, les produits de biocontrôle et les biostimulants jouent des rôles totalement différents.

Les produits de biocontrôle ont pour mission de maîtriser les pressions biotiques : pathogènes, ravageurs, adventices. Ces produits sont considérés comme des produits phytopharmaceutiques et doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché justifiant de leur efficacité contre une cible précise.

Biostimulants : beaucoup de candidats, peu d’élus

À l’inverse, les biostimulants agissent sur la physiologie de la plante sans exercer d’action directe sur les bioagresseurs. Ils visent à optimiser les fonctions biologiques du végétal pour améliorer l’efficience de l’utilisation des nutriments, la tolérance aux stress abiotiques (hydrique, thermique) ou les caractéristiques qualitatives des récoltes. Contrairement au biocontrôle, ils s’inscrivent dans le cadre réglementaire des matières fertilisantes et des supports de culture.

Des essais rigoureux au service des adhérents

Depuis plusieurs années, Eureden, via son service agronomie, s’investit dans l’évaluation des biostimulants, qu’ils soient déjà commercialisés ou en phase de développement.

Entre 2020 et 2025, un total de 116 essais a été mis en place en partenariat avec d’autres coopératives. Ces essais concernaient diverses cultures, notamment le blé, le maïs et le colza. Ils ont permis d’évaluer une centaine de spécialités biostimulantes différentes.

Pour mesurer leur performance, au-delà des critères d’évaluations classiques comme le rendement et la teneur en protéines, Eureden évalue les bénéfices potentiels sur la biomasse et l’état de nutrition azotée des cultures.

Ce travail de screening est un processus exigeant, nécessitant généralement 2 à 3 années d’essais. Ce temps d’évaluation est nécessaire pour s’assurer qu’un biostimulant apporte un réel gain technico-économique à nos adhérents.

Deux solutions enfin rentables

• Asco® sur céréales à paille, cultures légumières et pomme de terre

Récoltée le long des côtes de la Manche entre Trébeurden et Bréhat, et historiquement utilisée pour fertiliser les sols du littoral, l’algue marine Ascophyllum nodosum est aujourd’hui transformée pour être utilisée en applications foliaires.

L’entreprise Symbiomer basée à Penvénan, utilise une technique d’extraction brevetée qui permet de préserver l’ensemble des propriétés de l’algue.

Pour la culture du blé, le positionnement optimal de la solution Asco® se situe au stade de Dernière feuille étalée. Ce produit est mélangeable avec l’ensemble des fongicides et est également utilisable en agriculture biologique.

Les résultats d’un essai mené en 2025 à Trébrivan (22), ont été particulièrement convaincants : amélioration du rendement : + 2,5 quintaux par hectare par rapport à l’absence de biostimulant ; amélioration de la qualité : une hausse de + 0,2 point de protéine ; retour sur investissement : un gain de marge de 10 à 40 €/ha selon le cours du blé.

• Smartfoil® sur Colza

Également approuvé par le service agronomie Eureden, la solution Smartfoil® a prouvé son efficacité. Ce biostimulant riche en molécules organiques fermentées par la levure renforce la capacité du colza à surmonter la sécheresse, les écarts de température ou le gel printanier. Cela se traduit par moins d’avortement des fleurs et une augmentation des ramifications secondaires, soit 17 % de siliques en plus. Dans nos essais pluriannuels, le biostimulant apporte un gain de rendement de 1,9 q/ha soit un gain net de 70 €/ha. Smartfoil® ne nécessite pas de passage supplémentaire puisqu’il s’associe avec le fongicide appliqué à chute des premiers pétales (stade G1).

Bien que tous les biostimulants n’offrent pas les mêmes bénéfices, Asco® et Smartfoil® représentent un potentiel levier d’amélioration de la marge face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents. Il est toutefois essentiel de les utiliser en complément et de ne jamais compromettre la stratégie globale de protection de la culture.

Sébastien Grey, Cloé Lambert et Olivier Michel/ Eureden


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