Troquer la blouse pour les bottes

Ancienne infirmière libérale, Anne-Sophie Jouan a décidé de donner un autre tournant à sa carrière en s’installant à la tête d’un élevage de poules pondeuses à Evellys (56).

une femme et un homme devant un bâtiment de poules pondeuses - Illustration Troquer la blouse pour les bottes
Anne-Sophie Jouan et Pierre Benoît. | © Paysan Breton

« Mon nouveau métier me permet de consacrer plus de temps à mes enfants », raconte l’avicultrice. « De plus, mon mari est éleveur de veaux de boucherie. Cela a facilité les choses, puisque le bâtiment est installé sur les terres de l’exploitation. » Le projet a coûté 1,5 million d’euros. Les œufs sont quant à eux vendus au groupe Michel pour une durée de 15 ans. L’entreprise a également accompagné la réalisation du projet.

Le bâtiment accueille 30 000 pondeuses depuis le 27 janvier. Il se compose d’une salle d’élevage de 1 560 m2 avec deux volières, ainsi que d’un jardin d’hiver de 780 m2. Ce dernier faisait partie des exigences d’Anne-Sophie Jouan. « C’est important pour moi d’un point de vue social, mais aussi pour anticiper d’éventuelles normes futures. » En outre, le jardin d’hiver permet aux animaux d’exprimer pleinement leur potentiel génétique. La nouvelle éleveuse souhaitait aussi limiter sa dépendance à l’électricité. Elle a donc opté pour un poulailler stato-dynamique. Son orientation a été réfléchie pour que les vents dominants s’engouffrent facilement par des trappes. En cas de coup de chaud, les extracteurs installés sur les long-pans et la brumisation prennent le relais.

Les nids restent propres

Après de nombreuses visites d’élevage, l’agricultrice a choisi deux volières à trois niveaux, avec un système d’alimentation en partie haute et basse, et les nids au milieu. « Le système comprend des Led à chaque étage et des bandes additionnelles pour récupérer les œufs tombés hors des nids », explique Pierre Benoît, du groupe Michel. Les nids, signés VDL Jansen, sont dotés de tapis relevables qui incitent les poules à sortir à la journée, contribuant ainsi à les maintenir propres.

Automatiser pour moins se fatiguer

Dans l’atelier, tout est automatisé : ramassage des œufs, palettisation, emballage et empilage. « La manutention sera bien moins contraignante et fatigante », affirme Anne-Sophie Jouan, qui a aussi investi dans un transpalette électrique. « J’estime à une matinée le temps nécessaire à la préparation des palettes. Cela me laissera davantage de temps pour faire mon suivi d’élevage. » Les murs de la zone de conditionnement sont par ailleurs percés de larges fenêtres qui améliorent l’ambiance de travail.

Alexis Jamet

Moins d’ammoniac

Sous chaque volière se trouve un tapis roulant destiné à évacuer les fientes en bout de bâtiment. Les déjections sont ensuite convoyées, toujours de manière automatique, vers la fumière située à quelques dizaines de mètres du poulailler. « Le système récupère les calories du bâtiment afin de pré-sécher les fientes », précise Pierre Benoît. « Cette installation génère moins d’odeurs d’ammoniac et moins de mouches qu’un système sur caillebotis. »


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