Fin novembre. La récolte de l’année vient de s’achever. Les arbres commencent à perdre leurs feuilles. Marie-Line Brient prépare déjà la taille hivernale qui conditionne la prochaine saison. « Le bois se renouvelle. Je coupe les anciennes branches et j’attache celles de l’année à leur place. C’est la tâche qui demande le plus de travail ». Ces branches sont attachées aux câbles soutenus par de gros poteaux. Quelques plants sont à renouveler régulièrement. « J’ai toujours une dizaine de plants en stock, issus de boutures que je fais moi-même ». Ces jeunes fruitiers commencent à produire vers quatre à cinq ans et atteignent leur maximum de production vers 8 à 9 ans, autour d’une quarantaine de kilos de kiwis par arbre (500 plants par hectare).
15 tonnes par hectare, en moyenne
La crainte du gel au printemps
Le printemps est la période la plus à risque pour la culture. « Les bourgeons craignent le gel. Les sondes de température connectées, placées dans le verger, m’alertent dès que la température avoisine 0 °C. Je déclenche alors l’aspersion. La glace protège les bourgeons ». L’horticultrice passe, à cette période, beaucoup de temps dans sa plantation : « Il faut asperger mais sans gaspiller ». Les deux réserves d’eau doivent être pleines en été, au moment de l’irrigation, qui assure le grossissement des fruits. Auparavant, à la fin du mois de mai, les abeilles de la quinzaine de ruches, disposées sur le site, s’activent pour polliniser les fleurs. « Cette période est tout aussi cruciale, mais dépend surtout de la météo. En 2024, j’ai perdu 40 % de la production en raison de l’abondance des pluies. En 2025, au contraire, la production était nettement supérieure à la normale ». La taille de fructification, en juillet, permet d’obtenir des fruits plus gros, plus sucrés, grâce à la lumière. Les conditions météorologiques de l’été influent tout autant sur la teneur en sucre.
Cueillette libre
La récolte, manuelle, débute au mois d’octobre, deux semaines après le bassin de production du Sud-Ouest et une semaine après la région nantaise. Pendant dix jours, les personnes intéressées peuvent venir cueillir elles-mêmes. Une trentaine de tonnes de kiwis, soit la moitié de la récolte, est ainsi écoulée, autour de 2,50 €/kg. « Tout le monde s’y retrouve ; moi comme les clients ». L’autre moitié est récoltée par une équipe de saisonniers, « des jeunes retraités, contents de se retrouver ». Munis de sacs « chaussettes », ils cueillent, chacun, 900 kg, en moyenne, par jour. En agriculture biologique, le rendement est de 15 tonnes par hectare, en moyenne, contre 20 à 25 tonnes en conventionnel.
Divers réseaux de vente
La vente a lieu trois matins par semaine en novembre : sur place, dans des commerces locaux, dans des cuisines centrales et chez un grossiste si la production est importante, comme cette année. « Les fruits se conservent quelques mois au frais, jusqu’au printemps suivant ».
Bernard Laurent
Le kiwi vert est résistant aux maladies
La production est bio depuis plus de trente ans. « Mon père, qui a créé le verger, cherchait à se démarquer de la production italienne », indique Marie-Line. La fertilisation repose sur des apports organiques et de calcium. « Le kiwi vert Hayward est rustique, moins fragile que le jaune, et se conserve bien. Il y a trois ans, la bactérie PSA (Pseudomonas syringae actinidiae) a affecté la plantation (exsudat rouge-brun sur le bois). J’ai effectué un traitement fongicide homologué en bio. Depuis, je ne l’ai pas revue mais je reste très vigilante car elle peut limiter fortement la production ». En France, 1 150 producteurs se sont lancés dans cette production avec trois zones principales de production : Nouvelle-Aquitaine et Occitanie (75 % de la production nationale) ; Corse et Rhône-Alpes (21 %) ; Bretagne et Vallée de la Loire. Avec 3 777 hectares cultivés, la France se hisse au 3e rang des producteurs européens et au 6e mondial.

