Dans les secrets des séismes

Les séismes sont plus fréquents qu’on ne le pense et certains peuvent être ressentis en Bretagne. À Rennes, l’exposition ‘Quand la terre tremble’ explique leur origine, leur mesure et les moyens de se protéger.

Une femme remue une maquette - Illustration Dans les secrets des séismes
Frédérique Colombel montre différents effets selon la fréquence d’ondes. | © Paysan Breton

Rennes (35)

Le 20 octobre dernier, un séisme de faible intensité a été ressenti au sud de Rennes, comme « une grosse secousse », « des grondements », avec « des fenêtres qui tremblaient », selon des témoignages… Un phénomène qui n’est pas rare. « On dénombre environ 400 000 tremblements de terre par an dans le monde, dont 4 000 en France hexagonale et 400 en Bretagne », chiffre Frédérique Colombel, chargée de médiation à l’Espace des sciences à Rennes. Jusqu’au 8 mars 2026, s’y tient une exposition baptisée ‘Quand la terre tremble’ qui démêle les secrets de ces événements d’origine géologique, naturels, mais impressionnants. « Ils s’expliquent par le fonctionnement de la terre. »

« Des mouvements très lents mais très puissants »

La surface du globe terrestre est composée d’une douzaine de gros morceaux, appelées plaques tectoniques, ressemblant à un puzzle. Sous la croûte terrestre, très rigide et assez fine (40 km d’épaisseur en moyenne), se trouve le manteau constitué de roches solides. « Mais à l’échelle de temps de la planète, qu’on graduerait en millions d’années, ces roches se comportent comme un liquide très visqueux qui réalise des mouvements de convection. Ces mouvements provoquent des déplacements des plaques qui peuvent aller de quelques millimètres à 15 cm par an », relate l’exposition.

Phénomènes impressionnants et imprédictibles

« Les plaques peuvent s’écarter pour laisser la place à une nouvelle croûte, se rentrer dedans, passer l’une sous l’autre ou coulisser. L’énergie s’accumule jusqu’à une rupture. C’est en limite de plaques que se passent les plus gros tremblements de terre, des réseaux de failles se créent à proximité », note la médiatrice.

Mais pourquoi peut-on ressentir un séisme qui se produit très loin de nous ? « Comme un caillou jeté dans l’eau qui provoque l’avancée de vaguelettes, la rupture des roches lors d’un tremblement de terre libère de l’énergie sous forme d’ondes qui avancent dans le sol et le font vibrer à leur passage », explique une des animations. Frédérique Colombel précise qu’on « ne peut pas prévoir les tremblements de terre. Mais on connaît les zones à risque, par exemple en Californie. Le prochain tremblement de terre y aura-t-il lieu dans 50, 1 000, 5 000 ans… ? ».

Un réseau pour mesurer les séismes

Pour enregistrer les vibrations provoquées par un séisme, les scientifiques installent une lourde masse en suspension. « L’appareil, appelé sismographe, enregistre alors les mouvements entre le sol et la masse. » Un réseau de sismomètres qui mesurent les mouvements du sol sur toute la surface de la planète a été installé. Disposer d’un tel réseau permet, en combinant les mesures, de caractériser la magnitude et de localiser précisément l’épicentre d’un séisme. Le plus fort jamais enregistré, de magnitude 9,5 sur une échelle de 10, s’est passé le 22 mai 1960 au Chili. Il aura provoqué la mort de 5 700 Chiliens et mis deux millions de personnes sans abri. Plus proche de chez nous en Turquie, les deux secousses enregistrées en 2023 (jusqu’à une magnitude 7,8) ont tué 50 000 personnes.

L’enjeu des constructions parasismiques

La 3e partie de l’exposition est dédiée aux mesures de protection face aux séismes, le danger principal étant lié aux bâtiments, aux ponts, aux barrages… qui peuvent se fissurer voire s’effondrer. « Dans des pays comme le Japon ou le Canada, des constructions parasismiques sont mises en place, conçues pour résister aux vibrations horizontales des tremblements de terre. Le mieux est d’avoir des formes homogènes et des espaces entre les bâtiments. Mais on ne peut pas tout maîtriser. »

Maquette qui montre les conséquences des mouvements de la terre sur les constructions.
Animation qui montre les conséquences des mouvements sur les constructions.

L’importance de connaître la nature du sol avant de construire est illustrée dans une animation. « Lors d’un tremblement de terre, un sol saturé en eau (sables, limons et vases) est susceptible de littéralement se liquéfier et d’engloutir bâtiments et véhicules placés en surface. » Des réflexes à avoir en cas de tremblement de terre sont aussi délivrés : quitter le bâtiment seulement si on est proche d’une sortie, s’abriter sous une table, dans le coin d’une pièce ou sous une porte ; en voiture, s’arrêter dans un endroit dégagé et rester dans le véhicule en détachant sa ceinture…

Agnès Cussonneau

Plus d’informations : www.espace-sciences.org/rennes

Localiser les séismes en temps réel

La France hexagonale se situe dans une zone de sismicité modérée (la magnitude est souvent inférieure à 6) mais des séismes de plus forte magnitude peuvent s’y produire. En revanche, la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et Mayotte sont des territoires de forte activité sismique. Sur L’Observaterre (site internet gratuit géré par Epos France), les curieux peuvent notamment découvrir la sismicité dans l’hexagone en temps réel et une carte des séismes enregistrés entre 1962 et 2021. Trois grandes régions sismiques se distinguent : partie est de la France, Pyrénées et une large bande allant de Brest à Clermont-Ferrand.


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