Élevage

Le passage en AB a aidé à l’installation

Le Gaec de Becherel est passé à une production biologique. Ce choix a permis aux associés d’accueillir leur fille Camille au sein de l’élevage.

« Nous avons sollicité des entreprises locales pour les travaux, avec la scierie Le Duff de Lanmeur (29) qui a travaillé les arbres bruts pour la charpente, ou Daniel Le Corre de Plougras (22) pour la maçonnerie », précise d’emblée Éric Bastard, un des associés du Gaec de Becherel, à Trémel (22). L’élevage de porc s’est converti à l’agriculture biologique « pour installer ma fille Camille. Ça aurait été impossible en conventionnel, avec seulement 120 truies », conçoit-il, lors d’une journée Innov’Action organisée par la Chambre d’agriculture. Le cheptel de truie est descendu à 110 individus, un bâtiment d’engraissement de 480 places et une maternité de 46 places ont été construits. Les associés ont utilisé du matériel d’occasion pour l’équipement, comme les stalles pour la maternité ; le bâtiment verraterie/gestante est un ancien édifice réhabilité.
Pour la construction des bâtiments neufs, « nous avons été très vigilants pour lutter contre les courants vagabonds. La ferme est située sur une veine tellurique ; c’est pourquoi nous avons opté pour une charpente bois, tout le béton coulé est fibré et ne contient pas de fer ».

De 7 à 4 bandes

En passant en production AB, la conduite en 7 bandes a laissé sa place à une conduite en 4 bandes, le sevrage des porcelets est passé de 28 à 42 jours. « C’est plus compliqué car en 7 bandes, une truie vide à la dernière échographie était incorporée dans la bande suivante. Désormais, ce n’est plus possible avec le sevrage à 42 jours. Une truie vide est maintenant laissée dans une case avec le verrat ». Autre changement observé, le déplacement des animaux, plus simples qu’avant, le troupeau étant habitué à circuler dans des espaces semi-ouverts. L’éleveur adhérent au groupement Cooperl ne castre plus les mâles.
Dans la maternité, les porcelets disposent de nids et d’une courette extérieure. Autour de la truie, la paille a été abandonnée au profit de sciure. « Les petits restaient dormir dans la paille et risquaient d’être écrasés. La sciure gratte la peau, ils ne restent pas ».
Le temps de travail a lui aussi été changé. « Sans caillebottis, on passe beaucoup plus de temps à laver le bâtiment ».

Des répulsifs naturels

En passant d’un système lisier à un système fumier, les cultures reçoivent une quantité de carbone supplémentaire. Autre avantage, ce fumier de porc semblerait « détourner les sangliers. Contre les attaques de choucas, je mélange 5 variétés différentes de maïs à du PNF 19 ». Ce biostimulant à base d’huile et d’épices limiterait les attaques des oiseaux.

4 feuilles, 4 km/h
Pour le désherbage des cultures de maïs, les parcelles sont nettoyées par 2 passages de herse étrille en mai. « En désherbage mécanique, on peut couvrir plus de surface par jour qu’avec un pulvérisateur, car l’outil peut être passé toute la journée, il n’y a pas besoin de revenir le remplir », s’amuse le producteur. Comme repère et pour sélectionner une bonne vitesse d’avancement, le stade de la plante commande la vitesse : « un maïs à 4 feuilles, c’est 4 km/h ».
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