Politique et Syndicalisme

Renforcer la souveraineté alimentaire

La guerre en Ukraine, l’impact sur le cours des céréales et le renforcement de la souveraineté alimentaire ont alimenté le débat lors de l’AG de la FRSEA Bretagne.

« Si se nourrir n’était plus un problème depuis les années 50 aujourd’hui cela n’est plus le cas. La guerre est aux portes de l’Union européenne ce qui nous rappelle à nos besoins primaires tels que se protéger ou se nourrir. Notre demande de renforcement de la souveraineté alimentaire en France prend alors tout son sens », lance Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne lors de l’assemblée générale du syndicat le 1er juillet à Rennes (35).

Bientôt 8 milliards de bouches à nourrir

La Russie est déjà le premier exportateur mondial de blé. Avec cette guerre en Ukraine, elle cherche à renforcer encore plus sa position de leader de la production de céréales. « L’Ukraine produit 100 millions de tonnes de grain chaque année mais le potentiel se situe autour de 200 millions de tonnes. Produire une tonne de blé en Russie ou en Ukraine coûte 100 dollars, en France c’est de l’ordre de 180 dollars. Avec 1,6 kg de grain, nous produisons 1 kg de poulet. En ne tenant compte que de l’alimentation, le poulet coûte donc presque 2 fois moins cher à produire en Russie ou en Ukraine », constate Jean-Jacques Hervé, président de l’Académie d’agriculture de France. Et Arnold Puech d’Alissac, président de l’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA) d’ajouter : « En 2011, nous étions 7 milliards d’êtres humains sur terre. En janvier 2023, nous serons 8 milliards. Il va falloir nourrir tout le monde en ayant un raisonnement alimentaire global mondial. Il sera important d’augmenter notre autonomie alimentaire en se disant que l’on aura toujours besoin des autres pays et en faisant attention à ne pas déstabiliser les différents marchés. »

Un manque de relations entre la France et l’Ukraine
La question du stock de céréales en Ukraine et des difficultés à le faire sortir du pays a été abordé. Jean-Jacques Hervé, qui a longtemps travaillé en Ukraine, a livré son point de vue : « Il y a déjà un manque de relations entre la France et l’Ukraine. Il n’y a aucun contact avec les producteurs ukrainiens et c’est cela qui permettrait d’acheter des céréales. Je rappelle qu’une ferme là-bas c’est entre 5 000 et 10 000 ha. Ensuite pour réussir à sortir du blé, il faudrait qu’au niveau européen nous les aidions à organiser le transport ferroviaire. »

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