Côtes d'ArmorDécouvertes

Ouvrir l’étable aux spectacles

La jeune association « Goublayons ferme » rassemble des habitants autour de l’organisation de spectacles à la ferme à Saint-Alban. 

À l’EARL Kérouézé, chez Claire et Yann Yobé, producteurs de lait à Saint-Alban, les spectacles germent au fil des mois. En gallo, « Kerouézé » signifierait « à la croisée », un nom quelque part prédestiné pour une ferme devenue un carrefour de rencontre des publics et des arts. Désormais, quand les génisses sont sorties au pâturage, du printemps à l’automne, le bâtiment laisse la place à des concerts ou fest-noz. L’étable a même été rebaptisée le « Zen Hit de la Goub’ » en rapport à la Grande Goublaie, le lieu-dit où se situe l’élevage.    

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L’étable pleine pour un concert.

Culture de patates en collectif et rendez-vous festifs

« Nous organisions déjà des évènements de temps en temps. Mais la création d’une association en juin 2021 est venue donner un caractère plus officiel à notre envie de proposer des rendez-vous culturels à la ferme. C’était aussi un moyen de fédérer du monde car cette programmation demande d’y consacrer du temps et de l’énergie », explique Nolwenn Yobé, salariée agricole en cours d’installation. Pour autant, constituer une équipe de personnes motivées n’a pas été bien compliqué. « Tout naturellement, l’association Goublayons ferme s’est formée à partir de notre ‘collectif patates’, un groupe d’habitants et amis des communes environnantes qui se retrouvent depuis quelques années autour d’une parcelle collective de culture de pommes de terre. Nous avions déjà ce plaisir de nous retrouver pour les chantiers de plantation ou de récolte. Nous voulions aller plus loin ensemble pour faire vivre notre territoire, donner du sens et continuer à créer du lien. La ferme était déjà au cœur de nos retrouvailles », rebondit Line Saunier. Tous se sont retrouvés dans cette idée « agriculturelle » posée sur le papier dans les statuts de Goublayons ferme. « Ici, entre nous, ‘goublayer’ est devenu un verbe qui veut dire faire des choses ensemble et dans la bonne humeur. Le mot ‘ferme’ renvoie à la fois au sens de ‘jusqu’au bout, de façon affirmée’ et bien sûr à cet environnement paysan », poursuit l’enseignante.

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Une fanfare passée par le ferme de la Grande Goublaie.

Avec un peu de recul, les deux femmes constatent qu’une ferme est un support bien adapté à ce genre de projet. « C’est un lieu d’exception pour organiser : il y a de la place pour se garer, installer des tables, manger, danser… Et on ne risque pas d’embêter les voisins », sourit Nolwenn. Mieux, les différents espaces qui cohabitent (étable, cour, prairies, bois…) invitent à la créativité : les parcours et décors des spectacles peuvent évoluer à chaque fois. Parfois, bien sûr, il faut se retrousser les manches et user d’un peu d’huile de coude. « Avant de lancer un concert dans l’étable des génisses, il faut d’abord vider la litière, enlever des barrières et consacrer quelques heures à passer le nettoyeur haute-pression. » Selon la météo de la saison, des murs de bottes de paille sont édifiés sur les côtés pour protéger les participants d’un coup de vent. « Fermer ces pans donne aussi un côté plus cosy, plus salle de spectacle. » Et à chaque occasion, la scène change d’emplacement en fonction des besoins des artistes. La décoration champêtre est « remodelée » par la dizaine de membres actifs en recyclant de vieux abat-jour ou des barriques, en cueillant des fleurs des champs ou du jardin…   

En août, musique des Balkans et théâtre

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Saint-Alban est une des étapes de la folle tournée à vélo du collectif Pas d’nom Pas d’maison.

Soirée contes en mars, land art et activités buissonnières en mai, concert en juin… La saison de Goublayons ferme est déjà bien lancée. Mais cet été, deux rendez-vous « exceptionnels » se profilent. Samedi 6 août, 20 musiciens du groupe Pas d’Nom Pas d’Maison font étape à la Grande Goublaie. « C’est un groupe à géométrie variable qui joue de la musique des Balkans teintée par instants de ballades irlandaises, de swing, de musette, de klezmer ou de pop… Pour fêter leurs 20 ans, ils font une tournée à vélo cet été depuis l’Ille-et-Vilaine jusqu’au Finistère. Une soirée festive à ne pas manquer. Nous sommes pressées de les voir débarquer », détaille avec enthousiasme et impatience Line Saunier.

Puis, samedi 20 août, l’étable accueillera du théâtre pour la première fois. La Cie Patrick Cosnet, une troupe qui se produit depuis des années dans les fermes du Grand Ouest, viendra présenter son tout nouveau spectacle : L’arbre qui plantait des hommes. En première partie de soirée, Sarah Fernique, paysanne boulangère à Quévert (22), ouvrira le bal avec sa harpe celtique et ses chansons. « Pour cet événement, nous nous sommes attelés à construire une grande scène sur le plateau à paille », terminent Nolwenn et Line, bien décidées à « délocaliser vers le milieu rural la culture » qui a tendance à se concentrer dans les villes. 

Demandez le programme !

• Samedi 6 août, 20 h 30, concert de musique des Balkans avec Pas d’nom Pas d’maison. 10 €/adulte (gratuit pour les enfants).
• Samedi 20 août, dès 18 h, repas sur place (galettes), concert de harpe celtique puis théâtre L’arbre qui plantait des hommes avec la Cie Patrick Cosnet. 12 €/personne, 6 € pour les enfants.
• Dimanche 11 septembre, 15 h, concert avec Bees knees breakfast (bluegrass). 8 €/adulte (gratuit pour les enfants).
• Samedi 8 octobre, 20 h, fest-noz avec les groupes Jaï et les V’Lacor.
8 €/adulte (gratuit pour les enfants). Les détails de la programmation sont accessibles sur la page Facebook « Goublayons ferme ». Informations et réservation : 02 96 93 82 17 ou goublayonsferme@mailo.com

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