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Valoriser le bois en litière

Misant sur le système herbager où la place des céréales a reculé, les associés de l’EARL Gliz Ar Hant utilisent du bois déchiqueté en litière depuis trois ans. À l’arrivée, économie de paille et simplification du travail quotidien.

Installés en 2008 à Pluzunet, Christine Le Gall et Nicolas Roverc’h ont évolué peu à peu vers un système herbager. Sur 60 ha de SAU, les 10 ha de céréales et 13 ha maïs du départ ont été réduits à 3,5 ha d’orge et 5,5 ha de maïs aujourd’hui. Le reste est en prairie dont 45 ha accessibles au pâturage (paddocks pour 3 ou 4 jours avec fil avant, suivi draconien de la pousse avec planning de pâturage). Tous les ans, l’hiver, Nicolas Roverc’h réalise des chantiers pour entretenir les haies et talus de l’exploitation et produire du bois bûche. « Longtemps, j’ai fait d’énormes feux avec les branches. Cela faisait un sacré volume », se rappelle l’éleveur. En visitant le Salon aux champs des Cuma à Sévignac en 2019, la démonstration de la machine de la Cuma Armor Bûches a été un déclic.

Une litière favorable à la santé des pattes

« Avec la diminution de la part des céréales dans l’assolement, nous étions devenus acheteurs de paille depuis 2018. Une paille dont le prix a flambé ces dernières années. J’ai découvert la possibilité du broyage des branchages pour fournir un substrat alternatif de litière tout en valorisant une ressource déjà présente chez nous. » Désormais à l’EARL Gliz Ar Hant, de novembre à mars, le bois défibré est apporté sous les veaux, vaches et génisses en bâtiment. « Pour les laitières, le 1er mois, j’étale une simple couche de bois de 15 à 20 cm d’épaisseur puis j’y passe le vibroculteur deux ou trois fois par semaine. Le 2e mois, je paille par-dessus, en utilisant deux ou trois bottes par semaine, contre une botte par jour auparavant. » À l’arrivée, la consommation de paille de l’élevage est trois fois moins importante qu’avant l’usage du bois. 

« Cette nouvelle litière ne chauffe pas, apprécie Nicolas Roverc’h. D’un point de vue sanitaire, nous notons un impact positif sur le nombre de mammites et la santé des pattes. ». Après deux mois sous les animaux, un curage intervient. « J’apprécie le produit obtenu. C’est presque du terreau, sans odeur, qui une fois mis en tas se couvre de champignons. Je l’apporte ensuite sur prairies à l’épandeur. J’ai l’impression que l’herbe crame moins en période chaude grâce à l’apport de ce produit ». 

Silo fermé et vêlages groupés pour simplifier le travail
« La première année, nous n’avons pas fermé le silo et jeté beaucoup de fourrage pourri », se rappellent-ils. Dès 2010, cette fermeture est devenue la règle. « Quand les vaches ne sont plus qu’à l’herbe, qu’il n’y a plus à désiler, c’est beaucoup moins de travail… » Depuis 2017, les vêlages sont aussi groupés sur deux périodes : 70 % de mars à mai et 30 % en septembre – octobre. « Avant, toute l’année, il fallait surveiller… Désormais, il n’y a plus de vêlage pour les vacances d’été : le remplaçant n’a qu’à traire et sortir les vaches », apprécie Christine Le Gall. « Surtout, je n’élève plus de veaux pendant la période critique de fin décembre à fin février… Et les lots de jeunes animaux, plus homogènes grâce aux naissances rapprochées, sont plus faciles à suivre. » Passés en bio en 2020 sous l’impulsion de leur conseiller Robert Flohic (ex-BCEL Ouest), les associés livrent 300 000 L par an (65 laitières croisées). Mais les éleveurs n’en ont pas encore vraiment tiré parti dans un contexte dégradé en bio (prix du lait payé à 35 cts/L) malgré un coût alimentaire de 48 € / 1 000 L (EBE de 268 €/ 1 000 L) rendant l’élevage résilient.

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