Un avenir reconnectant élevages et cultures

12224.hr - Illustration Un avenir reconnectant élevages et cultures
Exemple de moutons sous les pommiers en Ille-et-Vilaine qui mangent le lierre et dont l’action de tassage régule les mulots.

La vision de beaucoup de politiques passant par une réduction des productions animales est trop simpliste aux yeux de Jean-Louis Peyraud. « L’élevage doit sans doute évoluer en profondeur, repenser ses performances, mais il est un acteur-clé pour l’avenir. » Dans une société qui appelle à des changements des systèmes agricoles, avec des politiques européennes visant moins d’émissions de carbone, d’utilisation de pesticides, d’antibiotiques, d’engrais minéraux…, « reconnecter élevage et culture est une voie majeure de progrès », selon Jean-Louis Peyraud de l’Inrae qui est intervenu à l’assemblée générale de l’Adage 35, le 29 mars à Bourgbarré. « Des gains énormes de productivité via l’intensification et la spécialisation des systèmes et des régions ont été réalisés mais ils atteignent aujourd’hui leurs limites. Les rendements stagnent dans toutes les cultures, sauf en betterave, les nitrates posent problème dans de nombreuses régions européennes, la biodiversité se restreint. » Face aux enjeux, l’élevage est souvent pointé du doigt, contribuant à 14,5 % des gaz à effet de serre, utilisant 60 % des céréales en Europe (contre 30 % au niveau mondial), contribuant à la déforestation… « Ces évaluations environnementales amènent les décideurs politiques à vouloir réduire les produits animaux. Mais c’est une vision trop simpliste, même si les impacts négatifs de l’élevage doivent effectivement être réduits », déclare le scientifique qui propose d’autres pistes d’avenir où l’élevage est un acteur-clé des changements. L’animal est au cœur du recyclage Et de souligner que l’animal est au cœur du recyclage : mangeant des biomasses non consommables par l’homme (herbe, coproduits), procurant des engrais organiques, facilitant la diversification des rotations. Jean-Louis Peyraud pense par ailleurs qu’il ne faut pas opposer les productions animales entre elles. « Une complémentarité existe. » Les porcs et volailles sont davantage en compétition avec l’alimentation humaine que les ruminants mais produisent rapidement des kilos de viande et des œufs. « Le ruminant aussi est très…

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