Découvertes

La vente directe dans les gènes

La vente directe a démarré dès la création de l’exploitation en 1920. Deux générations plus tard, les 3 associés du Gaec transforment et commercialisent les trois quarts des 1,8 million de litres de lait produits chaque année sur la ferme.

Le Gaec de Kervannes à Plonéour-Lanvern (29) est situé juste au bord de la départementale qui relie Pouldreuzic à Pont-l’Abbé. Cette route très fréquentée l’est encore plus en période estivale avec le flot de touristes qui viennent découvrir la côte du Finistère-Sud et ses magnifiques plages. Il n’en fallait pas plus pour faire naître une idée dans la tête des associés du Gaec qui s’est concrétisée par l’ouverture d’un bar à lait sur la ferme en 2015. La construction du nouveau laboratoire de transformation était le moment idéal pour créer ce bar à lait dans le prolongement. On y retrouve un comptoir, des tables, un baby-foot mais aussi des vitrines réfrigérées avec les produits laitiers de la ferme et d’autres produits du secteur : farine, biscuits, cidre, jus de pomme, miel…

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Les 3 associés du Gaec de Kervannes : Alain Guichaoua, Michel Le Hénaff et Jean-René Guichaoua.

« L’idée est de susciter la curiosité des gens et de les inciter à s’arrêter. Tout cela pour recréer du lien entre le producteur et le consommateur. Ici on peut boire un verre de lait nature ou aromatisé avec différents parfums, un milk-shake, un thé, un café, un diabolo… La grande baie vitrée qui donne sur le laboratoire permet d’engager la discussion sur la fabrication de nos produits tout en faisant le lien avec l’élevage et l’agriculture. Les visiteurs peuvent aussi venir visiter la ferme ou encore assister à la traite des vaches », raconte Alain Guichaoua un des 3 associés du Gaec avec son frère Jean-René et Michel Le Hénaff.

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Le bar à lait se trouve dans le prolongement du laboratoire de transformation.

Du lait cru en sachet de 1 litre dès 1962

L’exploitation agricole en est à sa 3e génération. Laurent Guichaoua, le grand-père d’Alain et de Jean-René, a créé la ferme dans les années 1920 en développant progressivement la vente directe de son lait. « Vers 1960, mon père René reprend l’exploitation. Il abandonne alors les chevaux au profit de vaches normandes et en 1962 il débute la vente de lait cru en sachet d’un litre qu’il propose aux commerçants », retrace Alain Guichaoua. René et sa sœur vont ensuite fabriquer du beurre et des yaourts conditionnés dans des pots en verre qui sont aussi vendus en direct. « Ils sont montés à une production annuelle de 300 000 yaourts. En 1991, je reprends la ferme avec mon frère Jean-René Guichaoua ; Michel Le Hénaff nous a rejoints en 2002. Nous arrêtons alors la production de yaourt en 2006 car c’était trop contraignant et trop concurrentiel. Nous poursuivons le développement de la vente avec la fabrication du beurre de baratte en parallèle du lait cru. »

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Le beurre est emballé manuellement.

1,35 million de litres de lait transformés par an

Lorsque Jean-René et Alain s’installent, la production laitière était de 360 000 litres de lait par an sur 60 ha de surface agricole. À l’époque la moitié du lait est transformée pour être commercialisée en direct et l’autre moitié est vendue à la laiterie. Aujourd’hui, il y a 300 ha de cultures. La production laitière de 1,8 million de litres est pour les trois-quarts destinée à la transformation pour la vente directe. « Nos vaches sont des croisées Prim’Holstein/Normande. Nous avons besoin d’une vache ‘sans histoires’, qui vêle à 2 ans, sans problèmes reproducteurs ou locomoteurs. Nous ne cherchons pas de grandes laitières. Nous voulons une vache qui dure dans le temps et qui ne demande pas trop de travail car la transformation et la vente nous demandent beaucoup de temps. Nous déléguons les travaux des champs à l’ETA », explique Jean-René.

Le beurre cru comme produit phare

Les grandes et moyennes surfaces du Finistère représentent le gros de la clientèle du Gaec de Kervannes. Le beurre cru étant le produit phare de l’exploitation. « Notre lait est écrémé à chaud chaque jour directement pendant la traite des vaches. La crème passe ensuite en chambre froide avant d’être barattée, malaxée, salée puis le beurre est marqué du logo de la ferme avant d’être emballé manuellement », décrit Alain. Les produits commercialisés sont donc : le beurre, le lait cru, le lait entier et demi-écrémé pasteurisé.
« Le lait est disponible en bouteille de 1 litre, en poche de 10 litres ou en poche de 500 litres. Ces gros conditionnements sont destinés aux cuisines centrales dont certaines commandent 2 500 litres par semaine, crêpiers, pâtisseries… » 

Se différencier des industriels
« Ce qui nous différencie des industriels ce sont nos vaches sélectionnées pour produire de la bonne caséine. C’est cela qui donne un lait plus doux et un beurre plus facile à tartiner. Nous maîtrisons aussi l’alimentation de nos vaches ce qui contribue à obtenir un lait de qualité et toujours homogène », fait remarquer Jean-René. Les éleveurs mettent aussi en avant leur réactivité par rapport aux industriels. Ils peuvent faire rapidement un produit à la carte et répondre à une demande particulière dans un temps record.

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