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Le Potager des Cultures crée du lien social à Rennes

En 2018, le collectif des Cols Verts de Rennes remporte le budget participatif de la ville. S’ensuit alors l’implantation d’une ferme urbaine, le Potager des Cultures, dans le quartier prioritaire du Blosne. Deux ans plus tard, l’endroit a créé du lien social grâce à ses activités pédagogiques et participatives. Les habitants ont ainsi pu (re)découvrir le maraîchage et se reconnecter à l’agriculture.

Seize heures. Quartier du Blosne à Rennes. Entre les immeubles et le béton se niche un havre vert. C’est ici, derrière la bibliothèque Triangle, que se situe Le Potager des Cultures. Deux promeneuses hésitent devant l’entrée. Hélène Brethes, coordinatrice du collectif Les Cols Verts de Rennes, les invite à entrer avec un sourire chaleureux. « Ici, on cultive la terre mais aussi les esprits », annonce la jeune femme de 29 ans. Les objectifs de cette ferme sont multiples. « Nous promouvons l’agriculture urbaine et la transition alimentaire », précise-t-elle. « Mais surtout, nous créons du lien social dans ce quartier prioritaire ». Effectivement, c’est un lieu de rencontre et d’échange. Les passants curieux s’arrêtent, et les bénévoles de l’association s’y retrouvent. « Nous avons 15 bénévoles actifs et environ une dizaine de personnes mobilisées par semaine », confie la coordinatrice. « Ils viennent se greffer aux divers ateliers que nous proposons ». Deux maraîchères, salariées du collectif, animent en effet régulièrement des ateliers jardinage et maraîchage. « Nous avons des habitués qui viennent tous les jours », raconte Hélène Brethes. « Cet endroit leur a permis de sortir de l’isolement et de rencontrer des gens ».

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À Chantepie, la serre pépinière est en construction.

Une production locale

En 2020, environ 65 bénévoles différents sont venus s’investir à la ferme. En 2021, c’est le double. De l’étudiant au chômeur, en passant par des familles ou des sans-abri, tout le monde est représenté. « Nous sommes hyper fiers de cette mixité », souligne la jeune femme.
Le Potager des Cultures s’étend sur environ 2 000 m2. Pourtant, toutes les cultures poussent dans une cinquantaine de bacs en bois, dont la surface représente environ 200 m2. « Les sols sont pollués par des hydrocarbures », raconte Hélène Brethes. « C’est pourquoi nous utilisons ces bacs ». Ces derniers ont d’ailleurs été fabriqués lors de chantiers d’insertion, encadrés par deux acteurs locaux (Boby & Co’ et la Fabrik du Refuge). Les cultures en place sont diverses et variées : aromates, petits fruits, plantes comestibles, légumes (brocolis, fenouil, tomates, chou kale, courges…). 90 % de la production est destinée à l’épicerie sociale. Le reste est partagé entre un supermarché coopératif (Breizicoop) et un restaurant participatif (La Grenouille à Grande Bouche).

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Hélène Brethes coordonne le collectif Cols Verts Rennes depuis 2018.

Un nouveau projet pour 2022

À 10 km de là, à Chantepie, le collectif commence un autre projet. Sur une parcelle d’un hectare environ, 5 700 m2 seront destinés à des légumes de plein champ et 800 m2 à de la culture sous serre. Une minipelle s’active. C’est la ville de Rennes qui réalise le gros œuvre, dans le cadre de son accompagnement aux projets d’agriculture du territoire (tranchées pour l’irrigation et les bâches, terrassement et creusage d’un bassin). Noélie Renard est maraîchère, fille de paysans fromagers bio en Mayenne. Elle a été embauchée par les Cols Verts Rennes en février 2021. C’est elle qui va gérer l’exploitation, aidée par une personne en service civique. « J’ai travaillé comme salariée pendant 4 ans chez trois maraîchers différents », annonce-t-elle. « Ce nouveau poste me donne plus de responsabilités. Je vais pouvoir partir de zéro sur ce terrain : installer les premiers bâtiments, choisir les cultures et la manière de les mener » Une quarantaine de légumes seront cultivés dès le printemps prochain : tomates, aubergines, courgettes, carottes, pommes de terre, poivrons… La production sera destinée à un public qui n’a pas les moyens d’accéder à ce type d’alimentation. « L’idée, c’est de vendre des paniers d’une valeur de 12 € à un prix de 2 à 4 € », explique Noélie Renard. « Nous compenserons la différence en répondant à des appels à projet ». Encore une fois, la dimension sociale du projet est centrale. « Le but n’est pas que les gens viennent seulement chercher leur panier. Nous voulons aussi les accompagner ». Ainsi, des ateliers seront organisés sur place, comme des ateliers cuisine. « C’est d’ailleurs pour cela que les légumes du panier seront classiques, pour que les gens puissent les cuisiner facilement », sourit la maraîchère. « On ne va pas leur mettre des topinambours et des rutabagas toutes les semaines ! »

Éducation à l’environnement
L’équipe des Cols Verts de Rennes est aujourd’hui composée de 6 salariés et de 5 volontaires en service civique. En plus de leurs activités agricoles au Blosne, ils proposent également des ateliers d’éducation à l’environnement. « Nous intervenons auprès de particuliers de tous âges, mais aussi en entreprise », explique Hélène Brethes. Ainsi, le collectif sensibilise et éduque le public sur différents sujets : agriculture biologique, saisonnalité des produits, transports des fruits, alimentation durable… Enfin, « l’entreprise au naturel » permet de toucher les salariés, parfois éloignés des sujets environnementaux. Ce service propose l’installation de dispositifs comestibles pour les équipes, comme des potagers, ainsi que des animations.

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