Côtes d'ArmorÉlevage

L’agriculture nourricière de nouveau à l’honneur

Il aura fallu une crise sanitaire sans précédent pour que les consommateurs se rapprochent à nouveau des paysans. Souvent décriés pour leurs méthodes d’élevage, cette pandémie aura permis à certains d’entre eux d’afficher au grand jour leur savoir-faire. C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Gwenaëlle Chevance, éleveuse de pondeuse à Plésidy (22).

Le 17 mars 2020, la France était confinée. Une situation inédite pour une population française qui baigne dans ses habitudes de consommation de masse. C’est une véritable ruée vers les produits alimentaires qui se met en place aux 4 coins du pays. Parmi les produits particulièrement prisés : les œufs. Conservables plusieurs jours, utilisables dans différents plats que les Français ont redécouvert au sein du cocon familial, les stocks d’œufs se sont retrouvés au plus bas, à la limite de la pénurie, qui a provoqué dans son sillage des situations inattendues ! C’est ce qu’a constaté notre éleveuse.

« Auriez-vous des œufs ? S’il vous plaît, Madame ! »

Originaire de Bourbriac, Gwenaëlle Chevance a d’abord exercé une activité d’aide-soignante avant de s’installer en 2001 sur un bâtiment de 6 000 poules plein air avec conditionnement manuel. « J’ai toujours vécu en milieu rural et j’ai souhaité donner une nouvelle orientation à ma vie professionnelle, c’est naturellement que je me suis tournée vers l’agriculture. La pression médiatique était moins forte à l’époque à propos des élevages conventionnels, ce mode de production me convenait parfaitement et m’a permis de mener de front ma vie familiale et professionnelle. Je restais convaincue d’exercer le plus beau métier du monde mais j’étais frustrée de ne pas partager cette passion avec le grand public et mon voisinage ». Dès le début des années 2010, quand elle a eu l’opportunité de participer à des actions de communication, elle a bondi sur l’occasion. Elle ne pensait pas que, plus tard, ce serait le public qui viendrait à elle. La situation sanitaire a donc changé la donne. Les produits agricoles et alimentaires ont retrouvé leurs lettres de noblesse et les agriculteurs sont redevenus les sauveurs de la nation. Tranquillement, de nouvelles relations se sont établies dans nos campagnes entre les néo-ruraux et leurs voisins agriculteurs. « Si au départ, c’est un peu par défaut que les premières personnes m’ont rendu visite pour tenter d’obtenir des œufs (un peu comme par temps de guerre), rapidement j’ai noté qu’une curiosité bienveillante s’installait ».

« Vos poules ont l’air heureuses ! »

Et il n’en fallait pas tant à notre agricultrice pour lui permettre de mettre en avant ses activités et celles de ses collègues. Bien sûr au milieu du XXe siècle l’agriculture a subi de nombreuses métamorphoses, passant d’une agriculture traditionnelle à une agriculture plus productiviste sous l’impulsion de l’État qui a demandé aux agriculteurs de nourrir la nation. Ce développement exponentiel a eu ses avantages et ses inconvénients, n’en déplaise aujourd’hui à une partie de la population. « À chaque visiteur que j’ai accueilli, j’ai rappelé que l’agriculture a toujours et saura encore demain s’adapter aux attentes des consommateurs. Laissez-nous juste du temps ». Et cette phrase notre agricultrice l’a martelée, n’hésitant pas à rappeler à qui voulait bien l’entendre qu’entre « les intentions d’achats à l’entrée des grandes surfaces et ce que l’on retrouve dans les caddies, il y a souvent une différence notable ». Pour l’agricultrice, « chaque type d’élevage a sa raison d’être et il ne s’agit en aucun cas de les opposer. À l’heure où la population mondiale ne cesse de croître, que les surfaces diminuent à une vitesse grand V, il faudra bien nourrir le monde, et que le monde puisse se nourrir. Et pour cela il faudra encore et toujours des agriculteurs sous réserve que ces derniers puissent vivre dignement de leur métier ».
Ce travail de sensibilisation auprès des consommateurs leur permettra également d’y contribuer, dès lors que leurs choix de consommation seront fondés sur une véritable information, et sur une prise en compte des enjeux.

Pour la classe de BTS Acse1B / Article rédigé par Adrien Cherel, Gurvan Perrigot, Maxence Plante

Concours d’écriture : catégorie ‘BTS’
Cette année, le thème du concours d’écriture ouvert aux élèves de BTS agricoles 1re année était « l’agriculture nourricière ». La Covid-19 bouscule certitudes, modèles et le quotidien du monde entier. Dans ce contexte sanitaire inédit, la mission première de l’agriculture, nourrir les Hommes, a été remise sur le devant de la scène. À travers un ou plusieurs témoignages, les étudiants devaient mettre en avant l’agriculture nourricière vue par un agriculteur dans ce contexte de Covid-19 et dans l’exercice de son métier (élevage, grandes cultures, légumes…) au quotidien. Voici l’article qui a obtenu le 1er prix dans cette catégorie. Félicitations aux étudiants de BTS ACSE1B du lycée Pommerit !
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La classe de BTS ACSE1B

Présentation du Lycée Pommerit

Depuis près de 60 ans, le Lycée Pommerit reste fidèle à ses valeurs et à ses missions fondatrices : former les professionnels de demain aux métiers de la production et de la transformation alimentaire, de l’environnement, mais aussi préparer les futurs citoyens à travers son projet éducatif. Au fil des ans, Pommerit a ainsi veillé à accompagner les évolutions sociétales, en diversifiant les formations proposées aux 950 jeunes, de la 4e à la Licence professionnelle.
Le BTS ACSE, qui sera également proposé par apprentissage à la rentrée 2021, prépare en particulier les étudiants à orienter les entreprises agricoles vers une meilleure cohérence des systèmes de production. Un choix proposé entre 7 enseignements optionnels et 6 MIL, ainsi qu’un accompagnement personnalisé, permettent à chaque jeune d’adapter son parcours à la spécificité de son projet.

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