Les efforts se poursuivent pour lutter contre les algues vertes

8601.hr - Illustration Les efforts se poursuivent pour lutter contre les algues vertes
Edwige Kerboriou ; Didier Lucas ; Michel Inizan ; Christine Touzé ; Marek Duputel ; Patrick Collet
Les agriculteurs bretons n’ont pas attendu les plans algues vertes pour mettre en place des pratiques pour limiter les fuites d’azote et travailler sur la qualité de l’eau.

La profession agricole a souhaité s’exprimer sur le sujet des algues vertes et notamment sur la Baie de Saint-Brieuc qui est particulièrement stigmatisée ces derniers temps. « Grâce aux mesures effectuées par le Ceva, nous savons depuis cet hiver que le stock d’algues dans la baie est important. C’est lié à la typologie de la baie (enclavement, hauteur d’eau), la température de l’eau, la luminosité, aux tempêtes hivernales qui chassent ou non les algues… », explique Edwige Kerboriou, vice-présidente de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor en charge de l’environnement.

Une évolution continue des pratiques

Les agriculteurs n’ont pas attendu le premier plan algues vertes lancé en 2010 pour mettre en place des actions afin de limiter les fuites d’azote vers les cours d’eau et travailler sur la qualité de l’eau. Patrick et Nicole Collet, producteurs laitiers à Plourhan (22), depuis 1983 avec 60 laitières dont les 70 ha se situent sur le bassin versant de la Baie de Saint-Brieuc se sont engagés dans la reconquête de la qualité de l’eau dès leur installation. « La part d’herbe dans notre assolement a constamment augmenté que ce soit pour le pâturage ou pour l’affouragement en hiver. Depuis très longtemps la mise en place de couverts végétaux est systématique, aujourd’hui nous implantons du RGI sous couvert de maïs. Ainsi, dès que le maïs est ensilé, le RGI se développe pour capter les reliquats. Nous avons augmenté les linéaires de haies en les positionnant aux bons endroits. La fertilisation est ajustée selon les reliquats et les besoins de la culture… », cite en exemple Patrick Collet.

Mais personne ne sait vraiment à quel moment les actions qui sont menées aujourd’hui porteront leur fruit. « Le temps de la nature n’est pas le temps des politiques ou d’Internet », lance Didier Lucas, président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor. Edwige Kerboriou rebondit : « Dans les autres régions françaises, la Bretagne est citée en exemple pour ses bons résultats en termes de qualité de l’eau. »

Moins de 15 % des aides pour les agriculteurs

Les plans algues vertes sont régulièrement critiqués en citant les millions d’euros dépensés sans résultats satisfaisants. Didier Lucas rappelle : « L’enveloppe est utilisée en grande partie pour du curatif (ramassage et traitement des algues) et moins de 15 % sont versés aux agriculteurs sous forme d’aides directes. »

Les collectivités ont leur part de responsabilité

Didier Lucas a félicité le préfet des Côtes d’Armor qui a eu le courage de suspendre les permis de construire sur certaines communes dont les stations d’épuration ne sont pas aux normes. « Les collectivités ont continué à construire à tout va alors que les stations ne sont pas en capacité de traiter ces eaux usées supplémentaires. Sur une ferme, on n’augmente pas les effectifs d’animaux si les capacités de stockage d’effluents n’augmentent pas en parallèle. Nous sommes en droit de demander aux collectivités de faire aussi des efforts. »


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