Politique et Syndicalisme

PAC : Des gages sur l’aide bovine et l’éco-régime

Réunissant les syndicats agricoles rue de Varenne, le ministère de l’Agriculture a présenté les avancées de ses travaux sur la déclinaison française du 1er pilier de la future Pac. 

Dans le cadre de la consultation autour de la déclinaison française de la future Pac, le Plan stratégique national (PSN), le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a réuni, le 6 avril, les représentants nationaux des cinq principaux syndicats agricoles, en présence de la directrice de la DGPE (ministère de l’Agriculture) Valérie Metrich-Hecquet. Une réunion pour « dégonfler » la tension, voire recadrer selon certains participants, après que le ministère a diffusé des premiers scénarios en mars, et que le syndicalisme majoritaire s’est ensuite mobilisé, notamment sur ce motif.

La principale nouveauté annoncée par la rue de Varenne porte sur le projet d’aide bovine à l’UGB élaboré par la DGPE qui remplacerait les aides à la vache allaitante (ABA) et à la vache laitière (ABL). Dans le document présenté en mars, les fonctionnaires évoquaient l’attribution des aides sans distinction de race ou de destination, ce qui faisait craindre à la Fédération nationale bovine (FNB) un transfert important du cheptel allaitant vers le laitier. Ce dernier touche actuellement 127 M€ pour 2,59 millions de têtes, contre 608 M€ pour l’allaitant, avec 3,8 millions de têtes. Selon plusieurs participants, les services de la DGPE étudient désormais un montant unitaire de l’aide supérieur pour les bovins allaitants par rapport à des bovins laitiers, avec un rapport d’environ 1,3 présenté à titre indicatif.

Limiter la baisse pour l’allaitant

Une telle mesure limiterait la baisse du soutien au cheptel allaitant, tout en préservant une hausse pour le laitier. Le ministère resterait attaché à ce que les éleveurs laitiers puissent bénéficier d’une hausse de l’enveloppe. Ils avaient été parmi les principaux perdants du mécanisme de convergence des aides découplées, depuis l’inclusion de leurs aides couplées dans les DPU à l’occasion de la réforme de la Pac de 2005, ce qui n’avait pas été le cas pour les ovins allaitants. Attention, avertit un participant, « tout peut encore bouger », d’autant que le ministère a promis de continuer de travailler sur les conditions d’obtention de cette aide (âge, taille de troupeau…).

Des éco-régimes accessibles à la majorité des agriculteurs
L’autre sujet principal de cette réunion concerne le projet d’éco-régime. Julien Denormandie a rappelé son souhait d’un éco-régime accessible à la majorité des agriculteurs. Une partie des participants ont noté que le ministre avait une préférence pour une architecture dans laquelle les infrastructures agroécologiques (ex. haies) constitueraient une voie d’accès à part entière, et non une voie cumulable avec les deux autres (certification et agronomie).
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