CulturesMachinisme et équipements

IC-Weeder : Les faucilles s’occupent des adventices

La bineuse développée par Steketee actionne des faucilles grâce à de vérins pneumatiques, rapides et précis.

La machine de binage développée par Steketee est capable de désherber intégralement les cultures, en passant aussi bien dans l’inter-rang que dans l’intra-rang. Cette action mécanique totale est rendue possible par « 2 lames en forme de faucille qui effectuent un recouvrement l’une sur l’autre : si une lame ne coupe pas l’adventice, l’autre s’en chargera », décrit Jean-Charles Lescieux, chef produit désherbage, entretien des cultures et électronique pour Lemken, société à qui appartient la marque Steketee.

dd8074.hr
Le module Crop Clean souffle un jet d’air sur les cultures pour les nettoyer de la terre.

En 5 centièmes de seconde

Ces faucilles sont actionnées par un compresseur pneumatique entraîné par la prise de force du tracteur. « C’est puissant, propre et économique. Utilisé dans le domaine industriel, c’est un procédé très répandu ». Mais le grand avantage de cet entraînement réside dans le délai rapide de mise en mouvement des lames : il ne faut que 5 centièmes de seconde pour actionner les vérins pneumatiques avec une pression de travail de 7 bars, « c’est quasiment invisible à l’œil nu ». La vitesse d’exécution permet d’atteindre un rendement de 3 à 4 plants désherbés par seconde, à une vitesse d’avancement de 5 km/h. Les vérins possèdent des amortisseurs intérieurs, afin d’absorber la puissance délivrée.
Cette bineuse nommée IC-Weeder se décline dans une gamme de travail de 1,5 m jusque 8 m de largeur. L’outil est adapté à de nombreuses cultures, comme des betteraves sucrières, des plantes aromatiques ou des légumes.

dd8073.hr
Les lames en forme de faucille ne laissent pas de place aux adventices.

Le jour et la nuit

Pour pourvoir actionner ces lames-faucilles, des caméras filment le rang pour détecter les cultures. Placés sous un carter de protection, ces appareils ne sont pas perturbés par des différences de conditions extérieures, car de puissantes Led éclairent le champ de vision des caméras. Le binage est ainsi possible de jour comme de nuit. Sur des végétaux aux couleurs différentes comme de la salade rouge, des modules adaptés sont disponibles.
Le rôle des caméras se résume à la détection des plantes, afin d’actionner les faucilles au millimètre près, mais sert aussi à corriger l’alignement de l’IC-Weeder, en translatant la machine de gauche à droite à un maximum de 15 cm si besoin.

Souffler sur les salades

Sur le modèle en 6 rangs, 4 caméras sont installées. « Il est primordial de garder une distance régulière entre les plants et les caméras ; la machine doit toujours être à la bonne hauteur ». Pour ce faire, des capteurs à ultrasons actionnent 2 roues porteuses gérées hydrauliquement pour que l’ensemble reste parfaitement parallèle au sol. En cas de légère pente, la hauteur est également corrigée.
Steketee développe tout un panel de modules compatibles avec cette bineuse. Pour exemple, le Crop Clean souffle un jet d’air après le passage des lames sur la culture pour la nettoyer : sur des planches de salade, il se peut que de la terre soit projetée sur les feuilles ; ce courant d’air viendra nettoyer les têtes.

Récolter des tas de data

Dans la même optique, une pulvérisation localisée en spot par spot sert à l’application de solution de protection, comme un fongicide.
L’acquisition des données des caméras pourra permettre demain d’aller encore plus loin. Dans un essai mené aux Pays-Bas et sur une culture de tulipe, l’IC-Weeder a été capable de récolter des informations sur l’état de santé des plantes, en repérant des décolorations de feuilles. Après le binage, une pulvérisation ciblée sur les endroits de la parcelle touchés par la maladie a été réalisée. Cette technique ouvre le champ des possibles : on pourrait imaginer à l’avenir pouvoir effectuer un désherbage mécanique, suivi, si besoin et uniquement sur les plantes contaminées, d’une pulvérisation de fongicide, le tout en un seul passage. « Ce sont des solutions que l’on n’imaginait pas il y a seulement 5 ans. Potentiellement, IC-Weeder est mécaniquement capable de tout faire en 1 seul passage. Il manque encore les algorithmes nécessaires à la détection et à l’analyse de la décoloration des feuilles des cultures », indique Jean-Charles Lescieux. Une banque de données qu’il reste à alimenter pour pouvoir gagner en temps et en précision.

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer