Élevage

La toile de jute apaise les truies

Même si le besoin de nidification n’est que partiellement satisfait, la toile de jute, attachée à l’avant de la case, réduit l’activité de la truie pendant la mise-bas.

Indifférente à la toile de jute lors de son installation le lundi en maternité, la truie s’y intéresse fortement dans les 12 à 24 heures avant la mise-bas. « 30% d’entre elles la déchirent quasiment entièrement », indique Valérie Courboulay, ingénieur Ifip, présentant une étude aux Journées de la recherche porcine. Cette attitude démontre le besoin de nidification, hérité de ses ancêtres sangliers. Une centaine de truies (4 bandes), ayant ou non des toiles à disposition, ont été observées de 12 heures avant mise-bas à l’expulsion du dernier porcelet (certaines ont fait l’objet d’un suivi vidéo). Leur comportement a été analysé : grattage, ratissage, alimentation, abreuvement…

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Des éleveurs testent d’autres techniques pour assouvir le besoin des truies avant la mise-bas. Ici, des petits râteliers avec de la paille. Les gestantes étant sur litière dans cet élevage, l’éleveur estime que la paille consommée peut être intéressante pour ne pas trop perturber le transit intestinal à l’entrée en maternité.

Moins de temps à investiguer la case

L’état de la toile de jute a été évalué, après la parturition ; les portées ont été pesées et suivies jusqu’au sevrage.
La durée de nidification est identique dans les deux groupes (avec ou sans toile). Les truies avec un sac de jute passent moins de temps à investiguer la cage et se concentrent plus longtemps sur la toile. Si la durée de mise-bas a été, en moyenne, sensiblement plus longue chez les truies avec toile de jute, pour un même nombre de nés totaux, elles étaient plus calmes. Elles ont passé moins de temps debout. « En pourcentage de la durée de mise-bas, les truies avec toile ont passé 4% de temps debout contre 10% pour celles du lot témoin. Elles changent significativement moins fréquemment de posture (31 vs 37), ce qui est favorable pour limiter les risques d’écrasement de porcelets ». Les deux lots de truies ont sevré le même nombre de petits. Celles avec des toiles ont eu moins de nés totaux (16 vs 16,7) et de nés vivants mais leurs porcelets ont subi un peu moins de pertes après la naissance. « Les effets sur les porcelets sont peu marqués sur cet essai ». Aucune différence notable n’a été observée entre les primipares et les multipares. D’autres expériences ont été réalisées avec des chaînes et du bois fixé au sol ; les truies y accordent moins d’intérêt.

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