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Comment mettre l’épigénétique de son côté ?

La sélection génétique n’est pas qu’une histoire de gènes. Les conditions d’élevage d’une vache influencent en partie les performances futures de sa descendance.

Vendredi 4 décembre, à l’occasion d’un colloque en ligne sur la sélection animale des ruminants en système d’élevage économe et biologique, organisé par la fédération régionale bio Nouvelle-Aquitaine, Erwan Leroux a partagé sa vision de l’approche génétique en système herbager. « Je ne suis pas chercheur. Mon témoignage est seulement le fruit de mon parcours depuis 20 ans », a précisé d’entrée l’éleveur installé avec son épouse à Rosnoën (29). Pour lui, la sélection est une affaire de gènes bien sûr, mais pas seulement. « Le phénotype ou la performance animale sont liés à la fois au patrimoine chromosomique de l’individu et à l’impact du milieu. » En d’autres termes, tout facteur de stress ou de bien-être lié aux conditions d’élevage – alimentation, confort de logement, conditions sanitaires et maladies… – va inhiber ou stimuler certaines séquences du génome, c’est-à-dire « moduler l’expression des gènes ». Cela s’appelle l’épigénétique.

Une conduite maîtrisée pour des marqueurs favorables

Erwan Leroux explique comment il essaie de prendre en considération cette mémoire de l’environnement sur les gènes qui permet l’adaptation de l’individu, de ses filles et petites-filles. Il y aurait des périodes sensibles où les marqueurs épigénétiques pèsent davantage : les moments de l’ovulation et de la fécondation, la gestation pendant l’élaboration des organes du fœtus qui mémorisent fortement les conditions de milieu, les premières semaines après la naissance…
Le Finistérien invite ainsi à accorder de l’importance à la conduite des animaux et à l’optimisation de la performance laitière dans son système pour aller dans le sens de « marqueurs épigénétiques favorables ». Cela passe, par exemple, par la production de fourrages de qualité et du pâturage au bon stade en faveur d’un bon niveau d’ingestion. « Il faut aussi se pencher sur l’équilibre minéral sur la période sèche et le début de lactation, ainsi que la conduite des veaux au démarrage », termine le producteur de lait.

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