Élevage

Intérêt croissant pour les broutards préparés à la vente

Une dynamique est engagée par Interbev pour favoriser la préparation des broutards à la vente. Le cahier des charges prévoit notamment l’assurance d’un retour économique au naisseur.

« L’objectif de cette démarche interprofessionnelle est de limiter l’usage des antibiotiques en élevage et d’améliorer l’image de la filière. Cela peut permettre aussi de conforter le positionnement qualité du broutard français vis-à-vis des clients à l’export », a déclaré Matthieu Repplinger d’Interbev lors de la journée Grand angle viande. Beaucoup de broutards français sont en effet exportés, notamment des mâles : 44 % des effectifs en 2018.
Concrètement, « un cahier des charges définit un socle interprofessionnel basé sur la vaccination contre les trois principaux agents infectieux respiratoires rencontrés en engraissement : virus respiratoire syncytial bovin (VRSB), virus parainfluenza de type 3 (Pi3) et Mannheimia haemolytica. » Le cahier des charges prévoit aussi une rémunération du naisseur pour la préparation des broutards. « Le coût (vaccins, temps, administratif…) sera répercuté au premier acheteur sur une ligne de facturation spécifique. »

Porté par les organisations de producteurs, les négociants…

Cette démarche volontaire sera portée par les acteurs économiques qui organisent la commercialisation en France et à l’étranger (organisations de producteurs, négociants…). Ils s’assureront que la vaccination est bien réalisée, établiront des bons de commande auprès du naisseur… Un contrôle externe par un organisme tiers sera aussi réalisé tous les ans.
Chez Terrena, la vaccination anticipée des broutards a été lancée en 2010, baptisée Broutard Max. Après un développement allant jusqu’à plus de 5 000 broutards en 2016/17, des doutes s’étaient installés sur cette filière du fait du manque de valorisation. « En 2020, nous retrouvons un second souffle via la démarche interprofessionnelle menée en partenariat avec l’Idele, mais aussi du fait de cautions scientifiques qui se renforcent sur ce type de vaccination, démontrant les meilleures performances en engraissement (GMQ, moins de traitement ou morbidité) », détaille Marie-Anne Lefol, vétérinaire à Terrena.

Travailler aussi les débouchés, en France et à l’export

« Aujourd’hui, nous vaccinons sur trois valences (RSV, Pi3 et pasteurelle) avant départ des broutards. Une prime de 25 €/animal est versée au naisseur mais va sans doute être revue à la hausse. Nous souhaitons aller plus loin avec, pourquoi pas, du déparasitage, de l’écornage, une préparation alimentaire… » Reste que cette démarche devra continuer à convaincre et trouver des débouchés, en France comme en Italie, en Espagne ou aux Pays-Bas, pour se développer.

Le sevrage anticipé, une autre piste
La préparation vaccinale des broutards n’est pas la seule voie pour accroître les performances en engraissement et réduire les traitements. D’autant plus que les pathogènes sont parfois différents dans le lieu d’engraissement. Elle peut donc être accompagnée d’autres pratiques vertueuses comme le sevrage 45 jours avant la vente ou encore la préparation alimentaire combinée avec des oligo- éléments, vitamines… Des interventions en amont par les naisseurs qui doivent être logiquement rémunérées.
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