Élevage

Quelle alimentation sous la mère ?

Après 3 mois d’âge, un aliment spécifique appuie la croissance et le passage du veau à l’état de ruminant. Un UFV supérieur ou égal à 0,90, une MAT de 17 à 20 % et taux de cellulose supérieur à 12 % sont requis.

Les besoins en alimentation évoluent au fil de la vie des animaux. « Avant 3 mois, les besoins du veau sont généralement couverts par la production de lait des mères. Ensuite, on peut commencer à apporter des concentrés et du foin en stabulation (pâturage à l’extérieur) pour habituer le veau à une alimentation solide et développer son rumen », précise Glen Elléouët, nutritionniste bovin allaitant Eureden.

150 à 200 kg par veau

« Apporter des concentrés suffisamment tôt permet le développement des papilles du rumen, augmentant ainsi la capacité digestive et donc la croissance. » « Cet investissement sera rapidement rentabilisé car l’indice de consommation (IC) est très bon chez les veaux, compris entre 1,7 et 2,5, alors que l’IC des jeunes bovins est compris entre 4 et 5 par exemple et des vaches de réforme entre 7 et 12. » On peut commencer par 500 g/jour pour finir à 2 kg au sevrage, soit une consommation de 150 à 200 kg par veau.

Le conseiller met aussi l’accent sur la qualité requise de cet aliment spécifique veau. « Il faut un équilibre énergie / azote avec un UFV supérieur ou égal à 0,90 et une MAT de 17 à 20 %. La MAT est à ajuster selon les races, les Blondes d’Aquitaine ou les Parthenaises par exemple demandent plus de protéines. Il faut par ailleurs viser un taux de cellulose supérieur à 12 %, important pour faire fonctionner le rumen. Il est souvent trop faible dans les aliments fermiers. »

Attention à l’excès d’énergie

« L’erreur à éviter à ce stade est d’apporter trop d’énergie sur des animaux encore fragiles. Par exemple, trop de céréales peut conduire à une acidose qui brûle les papilles ruminales et réduit la capacité digestive future de l’animal. » L’alimentation des génisses dépendra ensuite des fourrages disponibles sur l’exploitation. Il est préférable de réserver les fourrages de meilleure qualité aux génisses de 1re année car leurs besoins sont importants et leur rumen plus petit. Le conseiller recommande par ailleurs des transitions alimentaires sur trois semaines environ entre les changements de régimes afin que la flore ruminale puisse s’adapter.

Pas de bon pilotage sans analyses
« L’analyse des fourrages est vraiment la base pour pouvoir ajuster l’alimentation et la complémentation en fonction des stades. On sait que l’herbe sous toutes ses formes présente des valeurs très variables selon les espèces présentes et le stade de récolte. Le maïs aussi peut fluctuer en valeur. On observe aujourd’hui une baisse des concentrations minérales dans les maïs… », souligne Glen Elléouët. « Des correcteurs azotés ou énergétiques permettent l’équilibre de la ration. L’apport en oligoéléments, vitamines et minéraux dans l’alimentation doit être suffisant pour permettre le bon développement du squelette mais aussi des organes. » Le conseiller ajoute « qu’une complémentation nutritionnelle adaptée au moment du tarissement favorise des vêlages sans problème, un veau tonique et une qualité de colostrum. »
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