Élevage

Lucien Geffrelot sélectionne le Piétrain NN

En sélection depuis 2013, l’élevage de 170 truies sous air filtré de Lucien Geffrelot, à Maroué (22), teste individuellement 780 verrats Piétrain NN* Nucléus sur l’indice de consommation, chaque année.

Un élevage entièrement clôturé, des pelouses soigneusement entretenues, une unité de filtration de l’air, des trackers solaires autour de bâtiments compacts : bienvenue dans l’un des quatre élevages Piétrain de Nucléus. Celui du président de l’organisme de sélection, passé de la multiplication à la sélection en 2013, après une opération de dépeuplement-repeuplement. Avec des animaux triés sur le volet, en provenance des trois autres élevages de sélection. L’élevage s’y prêtait. Les bâtiments étaient déjà sous air filtré, une condition pour sélectionner des animaux, à Maroué, en zone de forte densité porcine, près de Lamballe. Actuellement, 170 truies, conduites en 4 bandes, sevrage à 28 jours, transmettent leurs gènes à la génération suivante, avec un renouvellement imposé de plus de 50 % par bande. « 24 cochettes sur 44 mise bas », précise l’éleveur.

IC individuel

Trois salles d’engraissement sont équipées de distributeurs automatisés d’aliment (Dac). Les 72 meilleurs porcelets mâles de chaque bande, au sevrage, intègrent ces salles, soit 40% de l’effectif total (toutes les portées sont représentées). Ils sont pesés individuellement à l’entrée et à la sortie. Chaque prise alimentaire est pesée ; les données sont transmises par informatique au siège de Nucléus pour un suivi quotidien à distance. « En cas de problème sur la courbe d’alimentation – perte de boucle, problème de santé… – l’éleveur est informé », indique Jacques Gourmelon, directeur de l’organisme de sélection.

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Lucien Geffrelot et Jacques Gourmelon, président et directeur de Nucléus. Cinq trakers solaires (à droite) fournissent 30 % de l’énergie consommée. La filtration de l’air est énergivore.

Haute fiabilité de l’évaluation

Dans l’année, l’indice de consommation individuel de 780 mâles est ainsi calculé sur l’élevage (3 000 pour l’ensemble de la population piétrain Nucléus) permettant de qualifier l’ensemble de la population (mâles et femelles) sur ce critère avec une haute fiabilité de l’évaluation génétique. Tous les animaux sont pesés en fin d’engraissement et triés. Les épaisseurs de lard et de muscle sont mesurées et renseignent la base de données pour l’indexation individuelle sur ces critères.

Export de verrats

Sur l’élevage Geffrelot, des travaux sont actuellement en cours. « Une salle de préparation au départ des reproducteurs », précise l’éleveur qui a vendu 150 mâles en centre d’insémination (CIA) en 2019 et 80 à l’export vers l’Espagne, le Portugal, la Belgique et l’Asie (Chine, Thaïlande). Un ring de présentation, comme dans les 3 autres élevages de sélection Piétrain, permettra aux visiteurs de voir les animaux sans entrer dans l’élevage. Il sera néanmoins équipé d’un sas de biosécurité, avec des tenues dédiées. Lucien Geffrelot possède également un CIA de 39 verrats, issus de son élevage piétrain. « Les éleveurs viennent retirer leurs doses préalablement préparées et stockées dans des casiers individualisés, avec le respect d’un protocole sanitaire strict ». Les clients sont des éleveurs conventionnels du secteur qui utilisent le verrat NN Nucléus.

*Les verrats NN sont dépourvus de l’allèle de sensibilité à l’halothane qui a une influence négative sur les caractères de carcasse et de qualité de viande

Une rémunération du travail global de sélection
La rémunération des sélectionneurs ne se fait pas sur le nombre de reproducteurs vendus mais sur la base du travail de sélection global. Un audit est réalisé, par Nucléus, tous les ans pour contrôler ce travail (conduite de l’élevage, application des règles de biosécurité…). Des outils de suivi existent ; un tableau de bord trimestriel exhaustif est délivré aux éleveurs sélectionneurs qui peuvent aussi se comparer entre eux (4 élevages de même taille ; 800 truies Piétrain Nucléus au total).

7 à 9% des verrats éliminés après dosage d’hormones sexuelles

Avec l’arrêt de la castration, Nucléus a mis en place la labellisation Ino pour ses verrats piétrains. Cette labellisation se base sur la prédiction du taux d’androsténone plasmatique grâce à un dosage sanguin réalisé à 150 jours d’âge sur tous les candidats à la reproduction. 7 à 9 % des mâles candidats au CIA sont ainsi éliminés. 800 dosages Ino sont réalisés chaque année. Le taux de carcasses odorantes à l’abattoir est en diminution. A partir de 2017 et l’abattage des premiers issus de verrats Ino, cette diminution s’est accélérée.

Réduire le taux de viandes déstructurées
Un recueil de paramètres est effectué à l’abattoir sur la qualité des viandes (pH6-pH24 heures jambon et longes, rétention d’eau) pour une utilisation en sélection. « C’est un enjeu de filière. Une étude récente de l’IFIP (2018) situait la part des jambons déstructurés à 14 % des jambons traités », indique Jacques Gourmelon. « Le risque est divisé par trois grâce à l’utilisation du verrat terminal NN par rapport à un nn ». Le taux d’exudat a baissé de 2% au cours des 7 dernières années sur les issus de verrats piétrain NN.
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