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Le parcellaire entièrement redessiné

Julie Durocher et Alexandre Tessier font évoluer rapidement l’exploitation qu’ils ont reprise il y a moins de 2 ans. Ils s’orientent vers un système bio 100 % herbager et autonome.

« Construire un système tout herbe rentable et humainement viable », tel est le projet de Julie Durocher et Alexandre Tessier sur l’exploitation en système conventionnel maïs / herbe qu’ils ont reprise en décembre 2018 à Montreuil-sur-Ille (35). Ils ont entamé une conversion bio en mai 2019. Le nombre de vaches laitières va passer de 55 à 60. Alors qu’ils s’orientent vers un croisement de leurs Holstein avec du Jersiais pour le renouvellement, les jeunes éleveurs comptent continuer à engraisser 12 à 15 bœufs par an, plutôt des croisés viande. « Nous souhaitons développer la vente directe. En croisement limousin, on parvient à des carcasses de 350-360 kg à 26 mois avec un engraissement à l’herbe », expliquent-ils.

Du technopâturage pour les bœufs et génisses

Les 80 ha sont accessibles et tout en herbe désormais (seuls 4 ha sont en luzerne vendue). Pour valoriser le pâturage au maximum, Julie Durocher et Alexandre Tessier se sont fait épauler par Agathe Moysan, de l’entreprise de conseil PâtureSens. « Nous avons mis en place des paddocks de 24 heures sur une majorité du parcellaire destiné aux laitières, le reste du redécoupage sera fait durant l’hiver à venir. Les parcelles un peu plus éloignées servent aux bœufs et aux génisses dont certaines sont conduites en technopâturage pour améliorer la productivité de l’herbe. C’est une technique avec laquelle les lots sont conduits au fil avant – fil arrière dans des couloirs (de 40 m par exemple pour les génisses). Un réseau d’eau longe les parcelles avec des raccords réguliers pour des abreuvoirs mobiles », détaille la conseillère.

Plus de vigilance sur les entrées et sorties

Des chemins vont être aménagés et des haies vont être ajoutées via le programme Breizh Bocage. Une fois l’outil parcellaire en place, il faut surveiller la pousse de l’herbe. « Nous avons été plus vigilants cette année sans pour autant mesurer. Nous entrons les animaux à 18 cm environ et les sortons quand il y a peu de refus », note Alexandre Tessier. « Ici, l’objectif est de rentrer à 3 000 kg de MS/ha et de ressortir à 1 500 kg. On prélève 50 % de la biomasse, ce qui évite de stresser les plantes et de pénaliser la repousse », précise Agathe Moysan.

Un rendement moyen à 10 t MS/ha

Pour planifier les stocks, « l’œil peut être un bon outil, mail il doit être réétalonné régulièrement avec des pesées. Sinon, l’herbomètre peut être intéressant. » Le rendement moyen en herbe est estimé à 10 t MS/ha sur l’exploitation. Les surplus sont stockés en enrubannage et foin.

Des projets tous azimuts
Ayant un bâtiment limité en taille, les éleveurs mettent au maximum les vaches au pâturage. La part d’herbe pâturée dans la ration est de 70 %. Ils vont essayer de faire sortir les génisses plus tôt. Autre objectif : le groupage des vêlages du 15 février au 15 avril qui a été bien débuté cette année. « Nous allons aussi expérimenter des vaches nourrices l’an prochain », soulignent-ils, se lançant un autre défi, celui d’inséminer eux-mêmes. Lors de son stage de parrainage, Alexandre Tessier a intégré un groupe herbager Adage 35.
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